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Épidémie – Un pestiféré en cavale dans la nature

Un malade de la peste s’est évadé d’une formation sanitaire. Le ministère de la Santé le présente comme un réel danger public.

Une nouvelle crainte de recrudescence de l’épidémie de peste est d’actualité. Un malade, dont l’état de santé serait chaotique, est en cavale. « Nous avons pu le joindre à son téléphone ce matin (ndlr : hier). On sentait dans sa voix qu’il était très fatigué. Il toussait beaucoup aussi. Malheu­reusement, il nous a raccroché au nez. Il n’était plus joignable après. Il vient d’Arivoni­mamo mais il n’y est pas. Jusqu’à l’heure actuelle, nous continuons à le rechercher », rapporte le Dr Joséa Ratsirarson, secrétaire général du ministère de la Santé publique et à la tête de la cellule opérationnelle de la lutte contre la peste, hier soir.
Ce malade aurait quitté le centre hospitalier anti-peste à Ambohimiandra (CHAPA), jeudi, en dupant le personnel. « Il s’est enfui de l’hôpital, après sa première injection, en se faisant passer pour un garde malade », enchaine le Dr Joséa Ratsi­rarson.

En phase décroissante
Le ministère de la Santé publique le qualifie de « danger public numéro un », en ce moment. Il peut contaminer toutes les personnes qui entreront en contact avec lui. Le bacille de Yersin ne devient inactif et non contagieux, qu’après trois jours de traitement du pestiféré. Le malade aurait pu, pourtant, prendre des transports en commun.
C’est ce genre d’imprudence qui a provoqué l’épidémie de peste à Toamasina, au début du mois de septembre. Un pestiféré, voyageant à Toamasina à bord d’un taxi-brousse, a contaminé les autres passagers. Deux d’entre eux ont succombé les 2 et 3 septembre. Ils ont à leur tour, transmis la bactérie à d’autres.
La situation de l’épidémie de peste commence, pourtant, à s’améliorer. Hier, il n’y avait que cent six pestiférés sous traitement dans des formations sanitaires et deux nouveaux cas admis à l’hôpital. Et le nombre de décès est monté à cent vingt-huit, avec la mort d’un enfant dans un hôpital d’Antananarivo, samedi. Un autre malade a aussi succombé dans la région d’Itasy, ces derniers jours. « Les indicateurs épidémiques sont en phase décroissante. Aucun cas n’a été enregistré dans les vingt-deux districts, au cours des quinze derniers jours. Quinze districts n’ont pas présenté de cas, depuis une semaine. Dix districts présentent encore des cas émergents », rapporte le ministère. Le ministre de la Santé publique, le professeur Mamy Lalatiana Andria­manarivo fait appel à la vigilance de tout un chacun, malgré cette baisse des indicateurs épidémiques.
En outre, ce n’est pas le premier cas d’évasion répertorié au sein des hôpitaux, comme à Anosy Avaratra, à Toamasina et à Befela­tanana. Le contrôle au niveau des formations sanitaires devrait ainsi être renforcé.

Des contrôles sanitaires à installer

Le bureau national de la Gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) indique la nécessité de la mise en place de sept nouveaux postes de contrôle sanitaire afin de mieux boucler les foyers de peste qui sont encore actifs. Les lieux recommandés sont à Ambohimalaza, à Alakamisy Fenoarivo, à Maevatanana I, à Alakamisy Ambohimaha, à Ihosy et à Betafo. En outre, six experts médicaux chinois, des spécialistes du contrôle des épidémies de peste en Chine, présentés hier au ministre de la Santé publique, vont appuyer les équipes malgaches dans la lutte contre la peste.

Miangaly Ralitera