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Editorial

En quête de fond(s)

L’État a-t-il un besoin urgent de renflouer sa trésorerie? Afin de combler le gap abyssal des recettes fiscales et douanières, bien en-dessous de qu’il pouvait espérer dans les prévisions de la loi de finances rectificative. Alors que celles-ci ont été déjà revues à la baisse, presque au rabais même, par rapport aux prétentions initiales du gouvernement. Dans l’exposé de motif du Budget initial, 2020 a été présentée comme la première année de l’émergence à venir. Le début d’une « nouvelle ère ».

Mais la venue indésirable, souhaitée par les tenants du pouvoir selon des membres de l’opposition, du coronavirus a tout chamboulé. Par les mesures restrictives imposées de fait par l’État d’urgence sanitaire, toujours en vigueur, les activités économiques génératrices de richesses imposables, comme des emplois soumis aussi à des obligations financières envers l’État, ont été réduits à néant. Il aurait été indécent de pomper davantage les entreprises survivantes de cette douloureuse épreuve, par les incontournables impôts sur les revenus salariés, IRSA. Et une cascade de prélèvements obligatoires « à la source ». À titre d’illustration farcicale d’un contexte plus qu’ubuesque.

Quelques signes avant-coureurs semblent corroborer les thèses selon lesquelles le régime en place serait dans l’obligation de trouver d’autres filons de financements. À part ses ressources internes qui se tarissent à vue d’œil. En dépit d’un pseudo-redémarrage des rouages de la machine économique, mis en veilleuse cinq mois durant.

Une lettre circulant sous le manteau attesterait une intention du gouvernement de plaider sa cause auprès du Fonds monétaire international, FMI, pour l’obtention et l’octroi d’une autre tranche de la Facilité de crédit rapide, FCR. Après les deux décaissées, en guise de contribution de cette instance de régulation financière mondiale, à la stratégie de riposte anti Covid-19, mise en œuvre par les autorités malgaches.

Chemin faisant, le gouvernement éviterait les véritables négociations fondées sur la base d’un vrai programme quinquennal. Avec ses engagements, souvent contraignants difficiles à honorer, et ses critères de performances, parfois impopulaires dans leurs exécutions. Ne serait-ce qu’une éventuelle réactivation du mécanisme de la vérité des prix sur le carburant; pouvant déboucher sur une spirale inflationniste à partir des « coûts de pompe ».

Mais cette démarche voulant mettre en avant l’avancée de la Covid-19 et occulter tout le reste, si astucieuse soit-elle à ce niveau de pourparlers, peut se heurter à d’évidentes contradictions, dans la mesure où, les données statistiques journalières liées à la pandémie, tendraient à confirmer à une « maîtrise progressive de la situation ».

Bien entendu, une recrudescence virale serait du domaine des possibilités. Comme c’est le cas aujourd’hui en Europe. Avec des pics aux cimes moins pointus qu’aux jours de gloire du coronavirus. Aussi, la ficelle serait trop grosse pour enrôler et enrouler les experts du FMI.

En solution de rechange, si cette entourloupe à la mie de pain n’arrivait pas à « ses faims », il reste les Bons du Trésor par adjudication. Un hameçon imparable pour aspirer les épargnes dormantes vers des placements des plus rentables sur des brèves échéances. Avec des taux d’intérêts bonifiés défiant toute concurrence. Et l’État comme l’éternel débiteur toujours solvable. Quoi qu’il arrive. Une assurance tous- risques pour créanciers opportunistes.

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