Chronique

Les douze travaux publics

Sisyphe, roi de Corinthe, tenta de tromper la Mort. En punition, il fut condamné à pousser éternellement une pierre vers le sommet d’une montagne, mais dès qu’il y arrivait, la pierre retombait. Sisyphe accomplissait sa peine sous les coups de fouet d’une Furie. La porte de ces Enfers était surveillée par le Cerbère, chien à trois têtes, dompté par Héraclès, le héros immortel des Douze Travaux.

La malédiction de Sisyphe est devenue celle des finances de l’État malgache. Un seul exemple parmi tant d’autres : la route d’Avaradoha, constamment en travaux depuis au moins trois ans (cf. Mamalan-kira, 17 octobre 2016 : «Miasa ho Anao, hono»). Dès que les engins lèvent le camp, les usagers savent avec certitude que les trous renaîtront de sous la mince couche de bitume. Récemment refaite sur sa portion Ambodimanga-Ambohitrakely, cette route bée d’énormes trous dans la montée Avaradoha-Ampasampito. Quand Besarety-Andravoahangy rouvrira, Avaradoha-Ampasampito, qui dessert une Maternité et les laboratoires de l’Institut Pasteur, devra très certainement, une nouvelle fois, être fermée à la circulation. Ces travaux constants grèvent les finances d’un État et imposent des déviations fastidieuses aux usagers. Les entreprises, qui ont ravi ce marché, pourraient passer pour les Danaïdes, condamnées à remplir éternellement un tonneau avec des cruches percées, sauf qu’en matière de BTP, la malédiction de Sisyphe est sonnante et trébuchante.

L’un des Douze Travaux auxquels dut s’atteler le Héraclès des Grecs (le Hercule des Romains), fut de nettoyer les écuries d’Augias. Héraclès les nettoiera «au Kärcher» en y détournant les eaux de deux fleuves. Encombrées par des excréments entassés depuis de nombreuses années : comme les écuries d’Augias, de trop nombreux secteurs de la vie publique s’affaissent sous le poids de la corruption, des accommodements, et des petits arrangements au détriment colossal de l’intérêt général. Les eaux conjuguées de l’Ikopa et du Mamba, en quelque sorte, pour jeter à Farahantsana (la bien-nommée ultime-cascade) cette merde morale.

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