Océan indien

Drogue – Le pouliah de gandia vendu à prix d’or

Face aux saisies policières de plus en plus fréquentes, le cannabis (gandia) se raréfie sur le marché. Du coup, le « pouliah » coûte deux à trois fois plus cher.

«Les trafiquants se font de l’or actuellement avec du gandia. Cette drogue devient plus difficile à trouver sur le marché », lance Brigitte Michel, directrice de l’association Ailes. Si le pouliah coûtait entre Rs 100 (11 000 ariary) et Rs 200 (22 000 ariary) avant, désormais il faut débourser Rs 500 (55 000 ariary), voire Rs 1 000 (110 000 ariary) pour s’en procurer. Et ce, avec un dosage réduit, estime la travailleuse sociale.

Un constat partagé par Saoud Muthy, psychothérapeute et Programme Executive de l’association Kinouété. «On observe un manque de cannabis sur le marché, face à l’explosion du synthétique. Par exemple, avec Rs 50 (5 500 ariary), deux personnes peuvent se procurer une dose sous forme de cigarette et peuvent se la partager. Au bout de trois bouffées, elles ressentent déjà les effets qu’elles recherchaient», explique-t-il.

Pour Imran Dhanoo, président du centre Idrice Goomany, en plus de la hausse actuelle du prix, la qualité du cannabis est inférieure. «Les consommateurs ne trouvent plus de gandia extrait de la meilleure partie (Ndl, appelée bout) de la plante. Ils n’ont que celui provenant du grenaz, c’est-àdire de la mauvaise qualité», indique notre interlocuteur. «De plus, on note une indisponibilité du cannabis local et importé sur le marché.»

Mélange
La pénurie du gandia est aussi liée aux saisies policières. Comme celles-ci sont plus fréquentes, le marché devient restreint, confirme un officier de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU).
Comment sont déterminés les prix ? Et surtout qui les fixe ? D’abord, estiment nos interlocuteurs, le marché repose sur la loi économique. Donc le tarif monte dès qu’il y a moins de produits disponibles. À l’inverse, si le gandia inonde le marché, le prix baisse. Pour les travailleurs sociaux, les «dealers » se basent sur les prix internationaux, dont ceux du marché européen. «Il se peut qu’il y ait un réseau local car les vendeurs pratiquent littéralement les mêmes prix», analyse Saoud Muthy.
De son côté, Brigitte Michel indique que le tarif varie également en fonction du type de drogue en question. «Par exemple, à Maurice, l’héroïne est mélangée avec du paracétamol ou d’autres médicaments. Ce n’est pas de la drogue pure. Du coup, les prix vont changer. »

© lexpress.mu

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