Economie

Développement – L’éducation, base du décollage sud-coréen

Le professeur Hery Ramia­rison a souligné l’importance de l’éducation dans la croissance économique d’un pays en marge d’une conférence-débat organisée mercredi à Ankatso par la présidence de l’Université d’Antana­narivo sur le thème « comparaison de l’évolution politique et de la croissance économique de la Corée du Sud et de Mada­gascar ». Souvent décrite comme un miracle, la fulgurante transformation de l’économie sud-coréenne peut laisser les pays africains comme Madagascar pantois. Le transfert de technologie a été l’une des clés du succès de ce pays qui était au même rang que Madagascar dans les années 60 comme le rappellent les intervenants lors de l’évènement.

Pour Hery Ramiarison, si le transfert de technologie a pris en Corée du Sud, c’est grâce au niveau d’éducation dans le pays qui lui a permis de mettre facilement en pratique les connaissances acquises. « Bien avant l’arrivée des entreprises étrangères, la Corée avait déjà une abondante main d’œuvre qualifiée résultant d’une politique qui a toujours misé sur le facteur humain », souligne le professeur. En effet, malgré la guerre de Corée entre 1950 et 1953, la Corée du Sud a donné la priorité à l’éducation qui a permis la chute de l’illettrisme d’un côté et l’essor du système universitaire même avant 1960.

Transfert de technologie
L’ambassadeur de la Corée du Sud Lim Sang-Woo a d’ailleurs l’habitude de déclarer que la première richesse de son pays aura été sa population.
Ainsi, pour Hery Ramia­rison, si Madagascar veut emprunter la voie d’une croissance auto-entretenue qu’a suivie la Corée, il va lui falloir beaucoup mettre en avant l’éducation. « Cela prend du temps, mais il faut commencer ». Pour ce qui est du transfert de technologie, le professeur a indiqué que cela s’est fait à travers les exigences du gouvernement coréen dans le cadre des investissements directs étrangers. « Le transfert de technologie a été un impératif fixé par les Coréens pour toutes les entreprises qui voulaient y investir », lance Hery Ramiarison, confirmé par le professeur Dongsuk Kim du département des études européennes et africaines de la Korea National Diplo­matic Academy. « Les entreprises qui veulent investir dans le pays doivent constituer des joint venture avec des entreprises coréennes », souligne ce dernier qui a fait partie des intervenants.

À l’heure où Madagascar veut se lancer dans l’émergence avec une part belle aux investisseurs privés, le transfert de technologie est de mise. Pour l’ambassadeur sud-coréen, il s’agit avant tout d’une question de négociations bien qu’il ait admis que le contexte de guerre froide ait « peut-être » favorisé la Corée du Sud. Quoi qu’il en soit, le pays a gardé cette exigence même plus récemment lors de l’attribution du marché du TGV sud-coréen à la France il y a deux décennies. Aujourd’hui, la Corée du sud présente son propre modèle de train à grande vitesse dans les appels d’offre internationaux.