Editorial

Dilemme

La chèvre ou le choux ? Entre l’économie et le confinement il est difficile de trancher. Si le confinement est le seul remède existant préconisé par tous les médecins, il n’est pas facile à appliquer pour les pays pauvres. Pour les pays développés, la solution peut marcher puisque la majorité de la population a de quoi faire des provisions pour tenir un ou deux mois en hibernation. Les employés peuvent faire du télétravail sans aucun problème avec l’avancée de la technologie et toutes les infrastructures mises en place par les entreprises pour faciliter leur tâche. C’est loin d’être le cas pour les pays pauvres en général et africains en particulier. Il est du confinement ou du télétravail comme il est de la mondialisation, on l’impose de gré ou de force aux petits pays qui n’y trouvent aucunement leur compte.

Avant de décréter le confinement qui a impliqué un arrêt total de l’économie et chômage inévitable de millions d’employés, les États européens ont préalablement pris des mesures d’accompagnement pour limiter les dégâts et les impacts de cette décision. Les factures de gaz, d’électricité, les impôts ont été gelés. Des distributions de vivres ont été organisées pour les familles vulnérables. Des moyens colossaux ont été déployés pour amortir les contre-coups du confinement. C’est à prendre ou à laisser. Le fait est que des grands pays comme les États-Unis hésitent à suivre cette démarche. Beaucoup d’entreprises contestent le confinement synonyme de mort certaine pour elles. De grands pays africains à l’instar du Nigeria hésitent à l’appliquer alors que d’autres plus petit comme le Bénin ont tout simplement affirmé qu’ils ne pouvaient pas supporter le coût du confinement.

Il faut dire que les principales activités génératrices de revenu dans les pays pauvres comme l’agriculture, l’élevage et l’artisanat ne peuvent pas se faire par télétravail. Il ne s’agit donc pas d’une mauvaise volonté ni d’une indiscipline caractérisée mais d’un réflexe de survie autant pour ceux qui réclament le confinement total que pour ceux qui s’entêtent à travailler. Entre deux maux, ces derniers ont choisi le tout pour le tout au lieu de se soumettre au confinement et mourir à petit feu d’inanition dans un drame dont on ignore le terminus. Ils braveront tous les jours chiens, lions ou taeser voire balles en caoutchouc pour assouvir leur faim.

En outre, leur niveau d’éducation fait qu’ils sont imperméables à toute sensibilisation et le coronavirus ne leur dit rien. Ils ont plus peur du Biby olona( centaure), de Kely be tratra , des croque- mitaines de la légende populaire que d’un virus sans visage au pouvoir dévastateur. Même s’ils en meurent, ce sera pareil que d’être abattus pour banditisme, que de mourir de la peste ou de la rougeole ou tout simplement de faim. Il n’y a absolument aucune différence. La masse d’ignorants qui vote les yeux bandés aux élections est en fait une bombe à retardement impossible à désamorcer, malgré la pléthore de généraux et d’artificiers.

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