Editorial

Par dessus le marché

Première décision importante de l’administration du nouveau maire d’Antananarivo. À cause des travaux de rénovation du stade de Mahamasina, une partie du marché hebdomadaire du jeudi sera déplacé au jardin d’Anosy sur l’allée qui borde le lac. Une décision prise avec beaucoup de légèreté et qui a choqué bon nombre de Tananariviens à en juger les réactions sur la toile. Une solution d’extrême facilité au profit des marchands concernés qui ont réclamé un endroit pour exercer leur métier à la CUA.

Au lieu de supprimer carrément et définitivement le marché du jeudi qui paralyse tout le quartier, la CUA décide par dessus le marché de sacrifier une partie du jardin public réhabilité par le HVM en fin de règne en 2018. Non seulement le marché et les marchands s’exposent à un danger avec les travaux et les allées et venues des camions, mais aussi et surtout la surface allouée au marché est nettement dépassée. On ne peut plus circuler du côté du lycée Sainte-Famille où les marchands d’un côté et les véhicules garés n’importe comment de l’autre côté obstruent carrément la voie. Pour faire un trajet de 500 mètres entre l’École Normale et le collège Antanimbarinandriana, il faut un tour d’horloge.

Pire, même les ambulances transportant des malades vers l’hôpital de Befelatanana doivent jouer les funambules pour se frayer un chemin à travers l‘enchevêtrement de marchands, d’acheteurs, de taxi-be et de différentes voitures. Il n’y a plus aucune considération aux évacuations d’urgence aussi bien pour l’hôpital que pour la maternité dont la voie d’accès a été complètement bouchée par les fripiers.
On se demande qui doit avoir la priorité aux yeux de la CUA , la population, les habitants de plusieurs quartiers ou les marchands qui n’ont en plus aucune notion de discipline et d’hygiène. Chaque jeudi, ils laissent des tonnes de détritus que les agents de la CUA doivent ramasser toute la nuit.

Il n’y a aucune obligation de la CUA à devoir trouver un emplacement pour ces marchands qui n’apportent absolument rien à la cité. Quand la superficie de la capitale ne permet pas la tenue de ces marchés hebdomadaires à Andravoahangy, Isotry et Mahamasina, il faut purement et simplement les supprimer. D’ailleurs, les autres jours de la semaine, ils restent là où ils sont. Pourquoi le mercredi, le jeudi et le samedi ils doivent être absolument à Andravoahangy, à Mahamasina et à Ambodin’Isotry?

Supprimer une bonne fois pour toutes ces marchés hebdomadaires n’a rien d’une décision courageuse, c’est juste l’exigence des conditions matérielles et infrastructurelles. Les marchands de rue ont été bel et bien délogés sans aucune condition, pourquoi faire deux poids deux mesures. La CUA passe un premier test. Marché non conclu.

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