Chronique

Chronique de VANF – Billot sportif

Le bûcheronnage devient sportif et a même ses championnats du monde. Contrairement à certaines autres disciplines de niche, qui ne concernent qu’une poignée de pays fondateurs, les championnats du monde de bûcheronnage sportif avaient cette année regroupé 21 pays (aucun d’Asie, aucun d’Afrique, aucun d’Amérique latine).

Chaque round comporte quatre «ateliers» en relais : coupe à la tronçonneuse, coupe horizontale à la hache, scie en solo et coupe verticale à la hache. L’atelier suivant attend la fin du précédent avant de pouvoir enchaîner. Les athlètes sont des gaillards costauds mais, la puissance n’est rien sans la précision : à la hache, par exemple, refrapper avec force mais exactement dans la première saillie et sous le même angle.

Il y a des heures et des heures d’entraînement sans qu’on sache toujours où ils trouvent tout le bois nécessaire. Aucune statistique ne dit combien d’hectares de forêt ont déjà été ravagés par ces bûcherons d’élite. La relève se forme en fréquentant des camps d’été tandis que le bûcheronnage sportif est proposé par les universités américaines et canadiennes. Les passionnés pratiquent des «ateliers» aussi exotiques qu’un sprint du nombre d’arbres de Noël coupés. Les 100 mètres olympiques du bûcheronnage sportif…

Un nouveau sport, mais au sens marketing déjà parfaitement rodé. Le sponsoring est assumé, avec le nom très visible du fabricant d’engins, de machines-outils et d’électroménager : Liebherr. Stihl, qui a donné son nom à la compétition, est une autre entreprise allemande fabricant de matériel de motoculture forestière. Les «Stihl Timbersports» sont les championnats du monde dont l’édition 2019 s’est déroulée à Prague (République tchèque).

À l’affiche des quarts de finale : Nouvelle-Zélande (49.5 secondes vs Suède), États-Unis (51 secondes vs République Tchèque), Pologne (58 secondes vs Allemagne), et la finale avant la lettre avec les champions du monde en titre Australie (49.8 secondes vs Canada)… Et on se prend au jeu : une seconde de différence dans la demi-finale Nouvelle-Zélande (51 secondes) vs États-Unis (52 secondes). Australie (48 secondes vs Pologne).

La finale 2019 fut une affiche digne d’une Bledosloe Cup au rugby, entre les éternels rivaux All Blacks et Wallabies. Et «ça s’est joué à un coup de hache» : 47.8 secondes à l’Australie contre 49.7 secondes à la Nouvelle-Zélande.

1.Australie (7 victoires) 2.Nouvelle-Zélande (4 victoires) 3.États-Unis (10 podiums) : à la traîne, les pays de la vieille Europe dont les immigrants chassés ou fuyant la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Europe centrale…avaient dû défricher les «nouveaux mondes» à la force du biceps.

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