Haut débit


Tout s’explique. On sait maintenant pourquoi la situation de la Jirama va de mal en pis en dépit des subventions octroyées par l’État à raison de 300 milliards d’ariary par an depuis au moins dix ans. Trente-quatre directeurs se seraient servis dans la caisse de la Jirama pour s’offrir de primes exceptionnelles. Quelle audace. Il faut être sacrément hardi pour l’avoir osé à un moment où la situation de la société est critique. C’est d’autant plus ahurissant que les abonnés se plaignent de la mauvaise qualité de service de la Jirama. Rien ne justifie dans ce cas une prime de résultat ou de rendement offerte aux cadres de la société. Et c’est d’autant plus révoltant que la Jirama doit encore plus de mille miliards d’ariary à ses fournisseurs et que ce sont les abonnés qui subissent les conséquences de cette situation. C’est justement la réelle explication du délestage que la Jirama tente de masquer en inventant des pannes, un manque d’eau et d’autres causes aussi fallacieuses les unes que les autres. Il faut saluer la résilience, la patience et la compréhension de la population qu’on prend pour le grand dindon de la farce dans cette histoire. Elle gobe les arguments fantaisistes de la Jirama pour expliquer la situation. Depuis 2019, on a fait miroiter la fin de délestage. Les abonnés en grands imbeciles y croient à tous les coups mais se sont faits avoir. Entre la promesse d’un rajout de 400 MW, la réduction du délestage après la mise en marche d’un quatrième groupe à Andekaleka, les abonnés n’ont vu que du feu plutôt une étincelle qui risque à la longue de tout embraser. Plus on augmente la subvention de la Jirama, plus on multiplie les moyens et les centrales de production, moins on a de l’énergie. On comprend mieux maintenant pourquoi on se bousculait au portillon pour occuper le poste de DG de la Jirama, pourtant une société en grosse difficulté. Les derniers DG étaient de hauts cadres de grandes sociétés à l’étranger. Allez savoir pourquoi ils ont tout lâché pour venir à la rescousse de la Jirama. On comprend bien aujourd’hui la frustration des postulants quand l’heureux élu, rentré en France et frappé de mandat d’arrêt, n’était pas celui que le CA avait désigné. Une véritable compromission pour un vol à haut débit. On attend maintenant les mesures que l’État va prendre outre les condamnations pénales des accusés. Reste à espérer que tous ceux qui sont coupables purgent leur peine. Le dernier procès de cadres de la Jirama avait déjà condamné un DG et des directeurs mais certains se sont vus annuler leur peine faute d’avoir été avisés par la cour. Rien d’étonnant si les autres tentent le coup à leur tour. L’impunité étant une qualité contagieuse.
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