Accueil » Editorial » Overdose de vaccin
Editorial

Overdose de vaccin

Prévisible mais passée presque inaperçue. La réaction du gouvernement malgache sur les commandes de vaccins contre le coronavirus l’a été. Le porte-parole du gouvernement, Lalatiana Andriatongarivo a évoqué cette question par une déclaration plus ou moins laconique. En clair, Madagascar ne souhaite pas participer à la Covax Facility. Une initiative mondiale visant l’accès aux vaccins contre la Covid-19 une fois leur homologation confirmée. La partie malgache préfère soutenir les investissements déjà engagés par la production de la Covid-Organics, en tisane d’abord, en gélules après, par la réhabilitation de l’usine désaffectée de l’OFAFA, rebaptisée « Pharmalagasy ».

La presse internationale, surtout française, insiste sur un point. L’efficacité du CVO à prévenir ou à traiter le coronavirus n’a jamais été prouvée sur le plan scientifique. Quand bien même, le président de la république Andry Rajoelina ait défendu les vertus de cette pharmacopée locale, à l’origine, selon ses convictions, de la capacité de résistance des Malgaches à apprivoiser la pandémie. La vaste campagne en faveur du CVO menée par l’actuel régime, des distributions gratuites à travers le pays, a contrarié l’Organisation Mondiale de la Santé, OMS.

Mais après des explications de part et d’autre, l’instance internationale a fini par faire quelques concessions. Sans aller jusqu’à reconnaître la fiabilité du CVO. L’OMS, elle-même, n’était pas exempte de tout reproche dans ses recommandations au début de la pandémie. Par exemple, elle jugeait inutile le port du masque. Le ministre français de la Santé, Olivier Véran, a propagé cette fausse bonne idée, avant de se rétracter. Depuis, ceux qui s’opposaient au port obligatoire du masque sont considérés comme des alliés circonstanciels de l’avancée du coronavirus à travers le monde. Alors que beaucoup voient dans cet attirail plutôt encombrant pour la respiration, le symbole des privations dictées par l’état d’urgence sanitaire. Pourtant, dans des pays asiatiques où la pollution de l’air enveloppe l’atmosphère, il s’agit d’un accoutrement plus qu’essentiel et nécessaire.

Et à propos des vaccins, les propositions des uns et des autres sont d’une variété telle qu’aucune d’elle ne fera l’unanimité. Comme le CVO n’a pas été adoubé par qui que ce soit, sauf des Malgaches eux-mêmes, pourquoi allons nous devenir des cobayes des découvertes scientifiques venues d’ailleurs? Avec un enjeu financier colossal derrière la lutte acharnée opposant des « big pharma ». Avec en toile de fond(s), une âpre bataille sur l’échiquier géopolitique. La neutralité malgache certes à fleur de peau ou le non-alignement pour reprendre une formule diplomatique des années socialistes, trouve ici un refuge de choix. Mais ce « refus » d’adhérer au mouvement d’ensemble à l’échelle planétaire risque de froisser certaines susceptibilités.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

Voir aussi