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Loi de finances initiale 2021 – Les secteurs sociaux peu considérés

Les  représentants  du  mouvement  Rohy  dénoncent la  non-considération  des  secteurs  sociaux.

Alors que la pauvreté atteint 74% de la population, la hausse exorbitante du budget pour deux ministères sont inappropriés pour la société civile.

La société civile est toujours la première à réagir sur le projet de Loi de finances. Celui portant le numéro 016/2020 portant Loi de finances 2021 a été adopté vendredi par quatre vingt dix sept députés sur les cent cinquante et un que compte l’Assemblée nationale. Les députés de l’opposition parlent d’une « infantilisation » de la population en adoptant le projet en seulement deux heures, sur une base de lecture de dix jours, et sans concertation budgétaire.

La société civile critique, quant à elle, le fond. « Nous soulevons des priorités incompréhensibles dans cette conjoncture post-Covid-19. Le gouvernement a choisi d’avantager des ministères non prioritaires tels que le ministère de la Jeunesse et des sports, qui bénéficie d’une hausse de + 150,8% de son budget 2020. Le budget en investissement interne de ce ministère s’élève à 128,9 milliards ariary. Le ministère des Postes, des télécommunications et du développement numérique bénéficie d’une hausse exceptionnelle de 998,5% » ont indiqué, samedi, des représentants de la société civile. Le budget du ministère de la Jeunesse et des sports passe, en effet, de 71,65 milliards ariary dans la loi de finances 2020 à 159,86 milliards dans celle de 2021. Celui du ministère en charge des Postes, des télécommunications et du développement numérique voit ses financements externes passer de 3,63 milliards ariary à 39,84 milliards ariary dans la loi de finances initiale 2021.

Le mouvement Rohy de la société civile fait remarquer que l’augmentation est minime pour le budget des secteurs sociaux. Le budget alloué au ministère de la Jeunesse et des sports représente 90% du budget en investissements du ministère de l’Éducation nationale et 57% de plus que celui du ministère de la Santé publique. « Le budget de fonctionnement de la Santé a été frappé d’une diminution de 10%. Les effectifs du personnel de la Santé sont prévus à la baisse alors que le gouvernement a attribué 9342 nouveaux postes budgétaires », révèlent encore les interlocuteurs.

Croissance

Dans l’exposé des motifs pourtant, le projet de loi parle de la redynamisation des constructions de nouvelles infrastructures initiées depuis 2019 dans les domaines sociaux, établissements scolaires, centres de santé et complexes sportifs. Ainsi, le budget ne sera pas le même pour le secteur social et le secteur sportif. Le gouvernement maintient qu’une croissance de 4,5% sera enregistrée pour 2021. Mais les secteurs les plus touchés par la pandémie et qui contribuent aux recettes de l’État, à savoir le Tourisme, et les industries extractives ne bénéficient pas de mesures d’accompagnement conséquentes même si des mesures fiscales incitatives sont annoncées. Le tourisme a connu une chute vertigineuse de -79,4% et les industries extractives de – 53,2% à cause de la pandémie. « Afin d’augmenter le pouvoir d’achat et de relancer la consommation, la déductibilité de la TVA sur les achats de carburants des groupes électrogènes utilisés dans les hôtels et restaurants se trouvant dans des zones non desservies par l’électricité, est prévue. » C’est la seule mesure constatée se rapportant au Tourisme. Le taux de pauvreté est de 72%, mais l’État compte faire un bond allant de -3,2% de croissance en 2020 à 4,5% l’année prochaine.

« Le taux de croissance sera soutenu par le secteur primaire qui connaitra une croissance de 3,6%, 10% pour le secteur secondaire et 4,1% pour le tertiaire. Le textile, l’énergie et les BTP contribueront à cette croissance », soutient le document.

Quelques nouveautés sont néanmoins constatées dans le projet de loi, telles que le renforcement du rôle des gouvernorats et des moyens d’interventions alloués aux districts et aux communes. Un nouveau programme d’appui au développement communal inclusif et de décentralisation sera financé à hauteur de neuf milliards ariary. Pour l’économie, un assainissement sur l’exploitation et l’exportation d’or est prévu. Le secteur énergétique tiendra compte des investissements étrangers, notamment pour l’appui à la participation de l’État au projet Sahofika, qui s’élèvera à près de 286 milliards ariary. La Jirama sera encore soutenue par l’État. De nouveaux projets d’émergence sont budgétisés à 20 milliards ariary.

Des actions en faveur du Sud, en particulier, figurent dans le projet de loi. Un projet de soutien à des moyens de subsistance résilients dans le Sud bénéficiera de 19 mil­liards d’ariary. La Sécurité aura une meilleure considération avec la mise en place d’une salle de crise pour la gestion de la sécurité qui n’a pas eu de budget depuis 2014. En programme d’investissement public, avec l’appui au pilotage de la réforme du secteur sécuritaire et le renforcement de capacité du Secrétariat permanent à la Défense et à la sécurité nationale, quinze milliards d’ariary seront consacrés. Les recettes prévoient la rentrée d’une somme de 7960 milliards en 2021 si 6942 milliards en 2020 avec un déficit public de 5,5% du PIB. Les dépenses s’élèveront à 11161,4 milliards, les dépenses en PIP sont estimées à 5495,5 milliards représentant 9, 4% du PIB.

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