Accueil » A la une » Air Austral – Air Madagascar : Le partenariat dans un trou d’air
A la une Economie

Air Austral – Air Madagascar : Le partenariat dans un trou d’air

Un an et huit mois après les noces à Paris, ça sent déjà le divorce entre Air Madagascar et Air Austral. Le partenariat a du plomb dans l’aile.

Au point mort. Deux ans après la signature du partenariat confirmé par des noces à Paris, en février 2018, dans un contrat de mariage pour les dix ans à venir, le grand amour entre Air Madagascar et Air Austral est en train de tourner court.

La feuille de route établie à Paris entre Marie Joseph Malé, PDG d’Air Austral et Rolland Besoa Razafimahaleo PDG d’Air Madagascar stipulait clairement l’apurement du passif d’Air Madagascar s’élevant à 88 millions de dollars par l’État malgache contre un apport de 40 millions de dollars pour Air Austral.

Tout va bien jusque là. Les deux parties se sont acquittées de leurs obligations. « Les fonds ont été apportés par une de nos filiales et par des prêts bancaires » avait indiqué Marie Joseph Malé à l’époque.Mais Air Austral devenue actionnaire à 49% devait encore apporter 35 millions de dollars. Elle a donné 15 millions de dollars. C’est là que l’affaire se corse. Air Madagascar a des difficultés financières aujourd’hui et a besoin d’argent pour tourner. Or, son partenaire stratégique rechigne à régler le solde tout en voulant rester partenaire d’Air Madagascar. Selon une source proche du dossier, Air Austral argue que c’est l’Etat qui lui doit de l’argent pour avoir augmenté la fréquence d’Ethiopian Airlines causant un manque à gagner au tandem Air Madagascar -Air Austral. Pourtant pour atteindre l’objectif de 800.000 touristes, l’open Sky est inévitable.

Des zones d’ombre

Des entretiens ont eu lieu entre les deux parties, des solutions ont été imaginées dont la dilution des actions d’Air Austral à 10%. Ce qui permettra à Air Madagascar d’alléger sa structure plombée aujourd’hui par cinq DG adjoints.
Dès le départ, le choix porté sur Air Austral à l’issue d’un appel à manifestation d’intérêt a surpris l’opinion alors que parmi les soumissionnaires figuraient de grandes compagnies comme Ethiopian Airlines. Des indiscrétions avancent qu’Air Austral n’etait pas soumissionnaire mais aurait été sollicitée par le régime Rajao­nari­mam­pianina. C’est d’autant plus surprenant quand on découvre, en 2017, que la Cnaps est devenue actionnaire d’Air Austral à hauteur de 11% pour un montant de 15 millions de dollars. Soit la même somme qu’Air Austral a versé à titre d’apport. La dilu­tion des actions d’Air Austral va permettre à Air Mada­gascar de respirer, d’avoir plus de marge de manœuvre.

Malgré ces aléas fâcheux qui compromettent le business plan établi, malgré la condamnation prononcée par le tribunal de Paris concernant le différend avec Air France, la compagnie nationale voit l’avenir avec optimisme. Selon des sources dignes de foi, Air Madagascar renouvellera complètement sa flotte à partir de l’année prochaine. Deux Airbus A 330 et deux Airbus A220 figurent parmi les acquisitions à faire en plus de 6 ATR et deux Boeings. En outre, de nouvelles lignes seront reprises à l’image de Guangzhou, Singapour, Milan et Francfort, entre au­tres. Pour le moment, Air Madagascar fonctionne avec les Airbus A 340 pour la desserte sur Paris. Mais l’État fait tout pour améliorer la situation.

6 commentaires

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter

  • On a toujours martelé dés le départ que ce partenariat était un jeu de dupes . La situation financière d’Air Austral n’est pas reluisante . C’est une compagnie aérienne assimilée à une entreprise publique par l’entremise de la SEMATRA de la région La Réunion son principal actionnaire . La chambre régionale des comptes a déjà émis des observations critiques . Le régime de Rajaonarimampianina et surtout le conseil d’administration d’Air MAD à l’époque avec le tandem RABARY NJAKA et E. KHOLER ont leur grande part de responsabilité d’avoir signé ce partenariat bancale . Air Austral subissant la concurrence féroce de French bee sur la ligne Réunion-Paris n’a pas eu la moindre scrupule d’opter pour des abus tarifaires sur les lignes régionales afin de compenser leurs pertes financières . Les surcharges carburant comme prétextes ne tiennent pas la route . Emmanuel Macron lors de son discours pour Le Choose Réunion a clairement noté les excès constatés et qu’il va saisir l’autorité de régulation de la concurrence . J’ai écrit comme lanceur d’alerte au président de la république tout comme le ministre des transports et j’ose désormais espérer que les positions vont bouger . Dans le contexte actuel il est illusoire de claironner la perspective des 500 000 touristes dans un premier temps . Et encore Emmanuel Macron a raison dans cette vision : la concurrence pour briser ce monopole malsain levier de la baisse des prix !

  • Air Madagascar ne doit rien à son sauveur (si naïf que ça en comptabilité inter-nations) ?
    Mais le sauveur doit continuellement lui verser de l’argent sans compter ?
    C’est ça la cogestion 49% et 50% ?

    Il y a cinq adjoints. Combien travaillent avec le budget d’Air-Madagascar ? Et combien travaillent avec l’investissement d’Air-Austral ?

    Et que fait Ethiopian Airlines dans ces apports financiers ? Qui paie pour Ethiopian Airlinee à perte ou à bénéfice ?

    Et de quelle poche enfin proviennent la possibilité d’acheter de nouveaux avions alors que ne sont pas atteint les 800 000 touristes long courrier ou moyen courrier (lignes régionales, continent africain ou internationales Europe, Asie) ? Dettes avec quels pays de confiances ?