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Faits divers

ANTANAMBAO – MANAMPONTSY – Trois voleurs d’ossements humains lynchés

La foule hostile a finalement cédé.

Pris sur le fait par le fokonolona, trois casseurs de caveaux ont été tués à Antanambao-Manampontsy, hier. La libération de précédents pilleurs l’avait indigné.

Cette fois, la coupe était pleine. Une centaine d’individus en colère ont châtié à mort trois voleurs d’ossements humains, à Ampasimadinika Antanam­bao-Manampontsy, hier. Le cas d’Ikongo a failli se reproduire, mais les gendarmes ont évité le recours aux armes. Aidés par l’adjoint du chef de district et les autorités locales, ils sont parvenus à négocier l’ordre. Une triple perte en vie humaine et des dégâts ont toutefois été déplorés.

L’emportement des habitants et la vindicte ont tiré leur origine de précédentes affaires de violation de sépultures et de vol de « saphir blanc ». Rien que l’année passée, selon leurs témoignages, quatre pilleurs avaient été capturés, enquêtés et traduits au parquet. Pourtant, ils avaient été libérés. « Il y a trois semaines, la justice a sorti une nouvelle convocation des mêmes personnes. Et puis, ce matin, vers 4 heures [ndlr : hier], trois autres malfaiteurs ont été surpris par le fokonolona en train de fouiller des tombes. Leur arrestation a coïncidé avec le ras-le-bol collectif. Du coup, ils ont été lynchés sur le champ », rapporte un officier supérieur de la gendarmerie joint au téléphone.

Rien trouvé

« Au cours de leur torture, les malfrats ont cité un opérateur économique du village. Après le lynchage, la cohue a accouru vers cette prochaine cible qui s’est échappée tôt vers Ilaka-est. Son magasin a alors été dévalisé. Chacun a volé ce qu’il pouvait », raconte une source civile. L’attroupement tumultueux s’est ensuite rué vers la maison du fuyard. « Là-bas, les gens ont encore ramassé des biens. Ils n’ont pas touché à la famille du suspect. Ils n’ont pas non plus brûlé leur maison, autrement cela aurait été catastrophique », explique un notable ayant requis l’anonymat. « Nous ne pouvions pas prendre beaucoup de photos car les gendarmes confisquent nos téléphones s’ils nous voient le faire », ajoute-t-il. La foule s’est finalement dirigée vers la brigade. Une rumeur a circulé selon laquelle le fugitif a déjà été arrêté et retenu au bureau des gendarmes. Ceux-ci ont laissé des représentants des civils entrer et vérifier à l’intérieur. Ils n’ont rien trouvé. À la suite de pourparlers, les villageois se sont calmés et ont quitté les lieux. Comme mesure prise, un couvre-feu a été établi. L’enquête suivra.

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