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Editorial

Pa… trouille

Peur sur la ville. Le niveau de l’insécurité est monté d’un cran dans la capitale en particulier et sur tout le territoire en général. Aucun endroit n’est épargné par des actes de banditisme de plus en plus violents. À Analakely, un passant s’est dressé contre trois détrousseurs qui venaient de voler le téléphone d’une dame. Il a pu neutraliser un malfrat mais ses deux compères ont pu s’enfuir. Dans un centre commercial, un père de famille s’est fait prendre la main dans le sac en cachant un ordinateur portable sous ses vêtements. A Atsimondrano, un maire a été attaqué chez lui, par des bandits armés de bois ronds cloutés avec lesquels ils ont tabassé les policiers appelés en urgence. Un bandit a été arrêté.

Sur les routes nationales, les braquages de taxi-brousse ont également repris après un an d’accalmie dû au confinement. Les braqueurs font un cours de rattrapage pour combler leur manque à gagner. L’imprudence des transporteurs qui osent voyager la nuit est du pain béni pour les coupeurs de route.

Les bandits opèrent de jour comme de nuit n’importe où dans la rue comme dans le bus, dans un magasin comme dans les foyers.

Du coup les forces de sécurité se mobilisent sous l’impulsion du Premier ministre.Elles ont commencé à ratisser la ville et à patrouiller notamment les quartiers chauds. Les résultats ne se sont pas faits attendre avec l’arrestation de quelques malfaiteurs qui terrorisent certains quartiers en détroussant les passants.

C’est bien et c’est bon pour le moral mais on ne le répétera jamais assez. La répression policière ne constituera jamais une solution définitive à l’insécurité. Cette poussée du banditisme fait suite à la hausse de prix des produits de première nécessité. La pauvreté est plus que jamais mère de tous les vices. Le pouvoir d’achat déjà insignifiant est encore éructé par l’inflation galopante. Tous les jours il y a une flopée de gens qui arrivent malgré eux sur le marché du banditisme faute d’avoir été inscrit sur le marché de l’emploi. Ce qui complique la tâche des forces de sécurité. Il y a autant de nouveaux étudiants que de nouveaux malfrats. C’est le contraste d’une société impitoyable. Autrement dit, au moment où la police arrête ou tue dix bandits, il y en a dix fois plus qui attendent dans la chambre d’appel ou dans les maternités.

Tant que la pauvreté empêche la population d’avoir une source de revenu pérenne, on devra vivre avec l’insécurité ambiante, la trouille au quotidien comme on vit maintenant avec le coronavirus. A cette nuance que le seul vaccin anti banditisme reste l’emploi et non la répression. Élémentaire et alimentaire.

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