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Editorial

Trop gros pour être vrai

Le diable ne porte pas un signe particulier sur son front. En revanche on le reconnaît à sa queue comme un pacha. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans la communauté catholique. L’archevêque d’Antananarivo aurait-il vraiment joué un rôle actif dans le projet d’attentat contre le président de la République? Lui seul le sait après Dieu. Toujours est-il qu’on a du mal à le croire. Odon Arsene Razanakonolona, est-il frustré de ne pas avoir été nommé cardinal après la disparition d’Armand Gaëtan Razafindratandra en janvier 2010 pour commettre un tel péché? C’est possible étant donné qu’il n’est pas un ange et qu’une frustration est tout à fait humaine. Mais de là à fomenter un attentat contre le président de la République, il faut être sacrément diabolique pour l’oser même si Ratsiraka avait arrêté un prêtre qu’il accusait d’avoir attenté à sa vie via une foudre en 1982. Paul Rafanoharana, un garçon à la face d’ange lui a fait miroiter certainement l’image du paradis pour qu’il se fourvoie dans ce cul-de-sac.

C’est d’autant plus incroyable que l’archevêque d’Antananarivo était le seul chef d’Église qui avait assisté à l’investiture du président de la Transition en 2010. Mais il était parmi ceux qui étaient venus à la réunion de transfert de pouvoir à la directoire militaire à l’épiscopat Antanimena en mars 2009 avec les autre membres du FFKM dont il était le président. Mais il n’avait pas subi de traitement humiliant et violent comme le pasteur Rasendrahasina. On connaît la suite de l’histoire. Néanmoins ce geste a changé beaucoup de choses par la suite.

Difficile donc d’affirmer ou d’infirmer la participation directe de monseigneur Odon Arsene Razanakolona dans ce projet macabre. Rien n’a filtré de son audition menée par le procureure générale près la Cour d’appel hier. Deux heures et demie de confession au cours desquelles l’archevêque a certainement tout détaillé.

On ne peut pas non plus le blanchir eu égard à son statut de religieux et de sainteté. L’église catholique fait face actuellement à des histoires d’abus sexuels sur mineurs par des prêtres un peu partout dans le monde. Madagascar ne fait pas exception à l’image de ce qui s’est passé à Antsirabe mais on a tenté d’étouffer l’affaire.

Seul le procès permettra d’y voir clair même s’il ne s’agira pas du jugement dernier pour les prévenus.

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