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Reprise du travail – Le transport organisé pèse sur le patronat

Marge difficile. Tandis que le coût moyen de location d’un minibus comptant quinze places s’élève à 100 000 ariary pour un aller retour en navette, les patrons des entreprises sans parc automobile ont un choix délicat à faire. La possibilité de reprendre le travail jusqu’à treize heures accordée aux entreprises implique la prise en charge du transport du personnel par les employeurs.

La balle est maintenant dans le camp des patrons comme l’a laissé entendre la ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Lantosoa Rakotomalala en début de semaine.

Les ministères en charge de l’emploi et des transports, ne se sont pas prononcés sur le sujet. « Le marché du transport du personnel a pris de l’ampleur. Les voitures et minibus dédiés à la location, immobilisés faute de touristes, trouvent aujourd’hui preneur », explique un professionnel de la location de véhicules.

Un juriste consulté par des dirigeants d’entreprise pour résoudre le problème, explique: « Le transport du personnel est devenu l’objet de nouvelles conventions collectives. Face au besoin de travailler ressenti chez les collaborateurs craignant le chômage, il a fallu adapter les horaires de transport à ceux du travail. Ceux qui sont commencent sur le lieu de travail après 13 heures pour remplir huit heures doivent attendre la fin du couvre-feu au-delà de 4 heures du matin. Il faut s’adapter dans le respect des droits des travailleurs ».

Résiliences variées

Le problème ne se pose pas pour les grandes entreprises. À travers la gestion par l’innovation, les managers amputent 50% du budget à un service devenu partiellement inopérant ou non-essentiel afin d’alimenter le budget ouvert pour financer le transport du personnel.

L’un de ces managers explique: « Il y a le devoir humain de considérer à juste valeur l’apport des collaborateurs pour maintenir en vie l’entreprise. Il leur faut du travail, il faut les protéger dans ce sens en mettant à leur disposition des moyens de transport et de protection contre la pandémie ».

Dans les entreprises où aucune indemnité de déplacement n’est octroyée aux travailleurs, le télétravail ou la marche restent les dernières solutions. « Il y a un seuil de dépenses qu’on ne peut pas dépasser, on ne peut pas se créer de nouvelles charges et il faudrait recruter des collaborateurs habitant aux alentours de l’entreprise », avoue le responsable administratif et financier d’une société employant un millier de personnes. « On me paie 35 000 ariary pour récupérer le matin tout le personnel affecté à un service dans une entreprise. Même montant pour le raccompagnement à domicile à la fin des horaires autorisés de travail. C’est le tarif standard actuel, valable également dans les institutions qui recourent à nos services. En transportant différents types de personnel, je gagne dans la journée le quadruple de ce montant, le carburant en sus », affirme un chauffeur-propriétaire de minibus.

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