Editorial

Fausse-communes

Les communales reportées à une date indéterminée. On sentait le coup venir. On commence à en avoir marre des élections dont l’organisation est tout sauf impeccable, les résultats tout autant. Avec l’effritement du taux de participation qui prend la même courbe déclinante que le pouvoir d’achat, on se demande si l’électorat a encore le cœur à aller aux urnes. On risque de se retrouver avec la même affluence qu’à l’Assemblee nationale où une poignée de députés assiste régulièrement aux sessions dites ordinaires. Les sessions extraordinaires sont celles où le gouvernement se fait censurer et doit se débrouiller pour se tirer d’affaire.
Las d’aller voter avec toutes les imperfections constatées, les incompétences avérées, les fraudes manifestes, les résultats maquillés, les électeurs ont fait leur choix. Avec le folklore autour des candidatures, ils ont perdu ce qu’ils ont d’ultime argument pour accomplir leur devoir. Justement, tous les partis semblent avoir épuisé leur réserve de candidats lors des législatives. Bien évidemment, il y a les recalés mais s’ils n’ont pas réussi à passer le Certificat de fin d’études primaires, ils n’ont aucune chance de passer le master 1. Existe-t-il encore des artistes crédibles pour conquérir une mairie ? L’IRD semble avoir tout aligné aux législatives. Toutes les cartouches ont été brûlées. Vaut mieux ne plus jouer avec le feu et procéder à la nomination de PDS. Ainsi, on peut conquérir facilement les mairies que l’on vise. C’est une question d’assurance étant donné qu’un maire non IRD constituerait un réel handicap dans la concrétisation des velirano. Il n’y qu’à voir la situation à Tana où la mairie et le pouvoir font carrément chambre à part.
Les élections malgaches ont ceci de bizarre que, plus on descend d’échelon, moins on a de candidats. Tout le monde s’intéresse à la présidentielle. Même si le gouvernement n’avait pas annulé les communales, elles auraient risqué l’annulation faute de candidat surtout à Tana.
Aussi bien l’IRD que le TIM sont en panne de candidat pour conquérir la capitale. L’IRD n’a personne pour faire l’unanimité à Tana parmi les hommes du sérail. Il faut trouver un candidat dont la carrure réponde au profil recherché par l’électorat tananarivien comme Guy Willy Razanamasy en 1994 où Ravalomanana en 1998.
Le TIM non plus n’a plus personne pour briguer la capitale après le bilan pour le moins catastrophique de Lalao Ravalomanana. L’ancien président est assis entre deux chaises. Il veut siéger à Tsimbazaza en tant que patron de l’opposition mais rêve en même temps de reprendre les rênes de la capitale qu’il avait transformée entre 1999 et 2001.
Redevenir maire pourrait relancer sa carrière mais s’il échoue, le glas sonnerait pour le TIM. S’il va à Tsimbazaza, il risque d’être inaudible dans un endroit où il est seul contre tous.
L’équation est simple. Comment détecter les fausse-communes ?

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter