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Editorial

L’avenir sans toit

Une marée humaine à l’inscription pour être le propriétaire d’un Trano Mora à la nouvelle ville Tanamasoandro à Imerintsiatosika. Toute initiative concernant les logements sociaux attire toujours la foule. Que le projet soit sérieux ou pas, les gens se laissent facilement miroiter par la possibilité d’avoir un chez soi avec des conditions assouplies. C’est le cas avec la nouvelle ville Tanamasoandro à Imerintsiatosika. La tombola de la fête nationale a déclenché un véritable engouement même si la maison est en phase de finition.

D’autres projets à l’image du Trano Gasy vaovao ont été accueillis avec le même enthousiasme avant de s’avérer être une grosse supercherie. Les projets de logements sociaux ont toujours causé une immense désillusion chez la population. Ratsiraka avait promis le paradis socialiste avec un projet de trente-cinq mille logements dont aucun ne verra le jour durant son premier mandat. Il avait repris le projet lors de son retour au pouvoir mais il n’y eut en tout qu’une centaine de logements à Mandrimena, Mahanoro, Djafaro… Il s’agit de petites villas dont le prix n’avait rien de social et qui ont été acquies par des spéculateurs immobiliers.

Le logement reste un problème crucial pour la population. Les gens sont toujours preneurs quand les conditions de paiement sont optimales. Ils ne font pas un cas de l’endroit où le projet se trouve. D’ailleurs l’extension de la ville d’Antananarivo se fait dans toutes les directions actuellement. Ceux qui ont les moyens préfèrent investir dans l’immobilier au lieu d’attendre des initiatives étatiques devenues de plus en plus aléatoires.

Les derniers vrais logements sociaux datent de la première République avec les cités Seimad construites dans divers quartiers populeux comme Ambohipo, Mandroseza, Itaosy, Ampefiloha, Analamahitsy et 67 ha. Cette dernière date de 1972 et sera également la dernière construite par Seimad. Le loyer coûtait 2800 ariary et les logements ont été tous acquis par leur locataire.

Actuellement il faut multiplier le loyer par mille

Les projets de logements sociaux n’ont jamais eu la faveur des bailleurs de fonds on ne sait pour quelle raison. Or la précarité des logements est une des caractéristiques de la pauvreté. La “cité des imbéciles” est apparue au début de l’ère socialiste. Actuelle ment, exode rural oblige, les zones inconstructibles sont toutes occupées. Les constructions sont évidemment illicites et n’ont aucune garantie de sécurité . Elles sont souvent victimes de graves incendies et se trouvent à la source de divers problèmes comme l’inondation, l’insécurité, l’épidémie.

Voilà pourquoi une nouvelle ville pourrait être un salut pour sauver Antananarivo où des constructions doivent être anéanties si on veut construire un réseau de train urbain, un fly over ou tout simplement agrandir les artères de la ville.

Tanamasoandro ne pourra pas absorber toutes les demandes de logements actuellement. Si Ratsiraka avait évalué à trente-cinq mille logements par an dans les années 80, il faut multiplier par dix ce chiffre aujourd’hui pour répondre aux besoins. Mais il fallait faire un premier pas. Plus tard on verra peut-être de grands projets immobiliers comme au Sénégal ou en Angola pour que tous les foyers puissent avoir un abri. Pour le moment, les jeunes se marient dans un avenir sans toit.

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