Editorial

Le choix de l’embarras

Emmanuel Macron a l’intention, envisage même, de se débarrasser de son Premier ministre, Édouard Philippe.Son fidèle serviteur depuis le début de son mandat présidentiel. Parce que la montée de la côte de la popularité du chef du gouvernement français, sur l’échelle des sondages d’opinion, dopé par sa gestion de la crise sanitaire, contrarie et indispose des proches conseillers à l’Élysée. Ils, les proches « collabos » d’Emmanuel Macron, craignent que cette dynamique positive n’incite Édouard Philippe à faire de l’Hôtel Matignon l’antichambre, sinon le tremplin idéal, pour s’emparer de l’étage supérieur de la hiérarchie du pouvoir hexagonal. D’où cette obsession présidentielle à le « confiner » à jamais sous l’éteignoir.

Mais boxeur amateur à ses heures perdues, le longiligne Édouard Philippe sait encaisser les coups les plus bas, et a du répondant pour déstabiliser son vis-à-vis direct. Par des jabs bien cadencés et des allonges régulières, pouvant faire mouche à chaque échange sur le ring politique. Il n’attend et n’entend pas être acculé dans les cordes pour se rebiffer. Le verdict des urnes lors des municipales, « à huis-clos », à peine un taux de participation de 34%, penchait et plaidait en sa faveur. Il a été élu maire du Havre avec plus de 58% des suffrages exprimés.

Presque un plébiscite pour une élection de proximité marquée par une vague inattendue des « Verts » dans les grandes villes Bordeaux-Strasbourg-Marseille-Lyon, entre autres.Mûris qu’ils étaient par la fraîcheur du déconfinement, les « Verts » rêvent déjà plus grand. La République en marche, LREM, en a fait les frais. Des « Marcheurs » commencent alors à élever leur voix pour défendre les causes du Chef du gouvernement de l’actuelle majorité.

À Madagascar, pour faire dans le parallélisme des formes, le président de la République, Andry Rajoelina, n’a pas trop de souci à se faire d’une éventuelle « poussée de fièvre » ambitieuse de la part de son Premier ministre Christian Ntsay. L’impatience des côtiers, lassés de l’hégémonie merina, doit attendre. Sa prestation télévisée, en tant que « porte-parole » du couple de l’Exécutif, pour exposer les mesures d’accompagnement du huitième round de l’état d’urgence sanitaire qui tend à s’éterniser dans la durée, n’a impressionné outre mesure ses compatriotes, curieux de savoir de quoi il en retourne. Guitariste de talent, il n’a pas voulu égrener des fausses notes et des stridentes distorsions sur les partitions présidentielles.

Par contre, beaucoup ont apprécié sa modestie. Il n’a pas fait de déclarations fracassantes sur des « projets grandioses » à concrétiser avant la fin de cette année. Tout en philosophant que la maîtrise du coronavirus se secrète, par une conscience collective, et ne se décrète pas. Un point positif, sans plus.

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter