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Chronique

Un match de barrage pour déni

Le football, ce ne serait que du foot, mais c’est bien plus que du football. Des émotions inutiles, mais qui nous préservent de la platitude d’un quotidien qui serait tellement fade sans sa montée d’adrénaline.

Avant-hier, le monde entier regardait la finale de la plus prestigieuse des compétitions de clubs, entre le Real de Madrid et Liverpool. Là, à l’heure où j’écris cette Chronique, c’est un match retour de barrage entre le 18ème de Ligue 1 et le 3ème de Ligue 2 (déjà, à l’indice UeFA, la France navigue entre cinquième et sixième place).

Maintien, relégation, accession : ou Saint-Étienne vs. Auxerre et leurs considérations prolétariennes à des années-lumière d’un sommet européen entre un Real et Liverpool dont les maillots s’arrachent sur tous les continents. Mais, quand on a grandi en entendant à la radio des «Allez, les Verts!», dont une version lointaine avait pu atteindre la finale 1976 de la Coupe d’europe des Champions, ce bête match de barrage, avec ses approximations, ses déchets, ses faiblesses techniques et tactiques, ne pouvait pas être tout à fait anonyme.

À part les spectateurs présents à Geoffroy-Guichard, nous ne devons qu’être une poignée, ici ou là-bas, à suivre ce match des sans-grade. Car, en vérité, qu’importe que le 18ème soit relégué en division inférieure ou que le 3ème accède à l’étage supérieur, ce n’est pas avec ce piètre spectacle que les footballeurs malgaches, même du dimanche, apprendraient quelque chose. Pourtant, quelque chose au-delà de la commisération, pour ces milliers de spectateurs, mobilisés jusqu’à la dernière minute de l’ultime match d’une saison laborieuse : un certain respect.

Chez eux, pas de star que courtiseraient les meilleures équipes. Ici, pas de candidat au Ballon d’Or. et même désigner «l’homme du match» pour un match aussi subalterne serait absurde.

Mais, ce match de barrage surtout pour exorciser une défaite maudite en finale de Ligue des Champions. Ou quand la meilleure équipe du moment ne gagne pas forcément. et qu’on peut être l’équipe la plus titrée de tous les temps, mais passer un match à subir, jouer 90 minutes sevrés du ballon avant de réussir une seule passe, pourvu qu’elle soit la bonne pour le but du holdup parfait. Tant de mauvaise foi, c’est aussi ça, le football.

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