Economie

Relance post-crise – Ntsay annonce deux plans multisectoriels

Le  débat  est  clos,  le  plan  de  mitigation  intègre  le  plan  multisectoriel  d’urgence.

Christian Ntsay explique pourquoi l’État a décidé d’élaborer des plans pour faire face aux conséquences socio-économiques de la pandémie du coronavirus.

Face aux députés, avant-hier, le locataire de Maha­zoarivo a annoncé que deux plans son t en gestation. Il s’agit « d’un plan d’urgence multisectoriel et d’un plan de relance multisectoriel ». Le plan d’urgence, notamment, devrait être soumis à l’aval du conseil des ministres « bientôt », à entendre les propos du chef du gouvernement. Dans sa prise de parole, le Premier ministre balaie d’un revers les débats sur le plan de mitigation.

Selon Christian Ntsay, le plan de mitigation n’existe pas. Ce sujet qui se chuchote depuis plusieurs jours et qui attise la curiosité des acteurs économiques et politiques ne serait donc, qu’une chimère. Mettant l’accent sur les deux plans qu’il a annoncé hier, le Premier ministre affirme alors, « c’est la voie que nous allons suivre pour nous relever de la crise. Il n’y a pas de plan de mitigation ».

Le locataire de Mahazoa­rivo n’est, toutefois, pas entré dans les détails du plan, jeudi. L’ordre du jour était la présentation de son rapport d’activité, entre autres. L’accrochage entre des ministres et les députés ont, par ailleurs, bouleversé le programme de départ qui prévoyait que les élus puissent poser des questions à l’issue de l’intervention des membres du gouvernement.

La question qui se pose est de savoir si ces deux plans seront retranscrits dans le projet de loi de finances rectificatives (LFR), en gestation, ou non? Christian Ntsay fera une synthèse du rapport présenté par les ministres, devant la Chambre basse, le 9 juin. Il a indiqué qu’il y annoncera, également, les projets étatiques prévus être concrétisés, cette année. Il est probable qu’il donnera des détails des deux plans multisectoriels, en cette occasion.

Non exclusive

D’après Christian Ntsay, la relance ne sera pas exclusivement dédiée au secteur privé ni à l’économique en général comme annoncé quelques semaines après le début de la crise sanitaire. D’un autre côté, les cris de détresses de ces secteurs ont fait face au silence assourdissant des ministères à vocation économique qui se sont faits discrets dans le cadre des débats au tour de la pandémie de Covid-19. Ce que les entreprises attendaient du plan de mitigation était avant tout un soutien pour le paiement des salaires. « Le report des taxes ne règle pas le problème de trésorerie. Les autres pays soutiennent une partie des charges salariales. Nous avons proposé des mécanismes dans ce sens lorsque nous avons été consultés » a expliqué un membre du groupement des entreprises de Madagascar.

Il y a un mois, ce groupement avait dressé un état des lieux des activités de ses membres dont 70% tournent au ralenti tandis que 15% étaient en cours de cessation totale d’activités. Après le secteur touristique qui est totalement à terre présentement, le textile est le plus touché avec une soixantaine d’entreprises, employant chacune entre mille cinq cents et deux mille cinq cents employés. Le secteur privé est à l’agonie dans une certaine indifférence des autorités du moins dans les discours.