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Loi de finances – Un casse-tête pour le gouvernement

Les  membres  du  gouvernement  ont  du  souci  à  se  faire.

Des ministères mettent les bouchées doubles pour finaliser leurs prévisions budgétaires. Couper les dépenses superflues pour donner la part belle au redressement socio-économique serait l’équation à résoudre.

Une cause course contre la montre. Il ne reste qu’un peu plus d’un mois avant la fin de cette première session ordinaire du Parlement. Le projet de loi de finances recti­fi­cative (LFR), est, toutefois, toujours au stade de confection au niveau de l’Exécutif.

Selon les informations, des ministères s’arrachent les cheveux afin de boucler leur prévision budgétaire suivant les recommandations du président de la République et le Premier ministre.

« Compte tenu de la crise sanitaire, il a été demandé à chaque ministère de sucrer les dépenses superflues. Les moyens seront, en effet, essentiellement orientés sur le redressement économique », explique un membre du gouvernement. Devant l’Assemblée nationale, jeudi, Christian Ntsay, Premier ministre, a glissé que l’Exécutif cogite sur la formule idoine pour atténuer les conséquences de la crise sur la stabilité monétaire et financière du pays.

Le chef du gouvernement rassure, toutefois, que le projet de LFR sera présenté au Parlement, « dans les plus brefs délais ». Que l’Exécutif en fait une priorité, aujourd’hui. Aussi, des ministres et leurs collaborateurs s’engageraient des séances de travail au pas de course, depuis quelques jours, afin que leur département soit dans les standards budgétaires qu’impose la conjoncture. Certains se fixent comme deadline, le prochain conseil des ministres.

À entendre les explications du Premier ministre devant la Chambre basse, cependant, le projet de LFR ne devrait pas détonner de la vision présidentielle et de la Politique générale de l’État (PGE), suivant les challenges du Plan émergence de Madagascar (PME).

La crise sanitaire étant, la présentation du PEM, pourtant déjà bouclé, a été reportée, selon Christian Ntsay. Les conséquences de la pandémie imposent à l’État de revoir le cadrage budgétaire de la PEM.

Délai constitutionnel

Le locataire de Maha­zoarivo affirme, toutefois, que « la vision du président de la République, selon laquelle, le développement sera palpable dans chaque district, est la base de toute notre démarche ». Le chef du gouvernement ajoute que, « d’ici la fin de l’année, des projets d’infrastructures démarreront dans chaque district ». L’Exécutif est, néanmoins, conscient que les moyens à disposition seront limités.

Chaque ministère a donc, comme défi d’identifier les actions et projets édifiants, impactant directement le quotidien de la population, avec les moyens du bord. En attendant que le projet de texte budgétaire leur soit remis, les députés s’activent déjà dans les travaux de commission. Une séance de travail s’est tenue, hier, avec des hauts responsables du ministère de l’Économie et des finances.

Il y aurait été dit que l’autre casse-tête de l’État en ces temps de crise est « de sécuriser les recettes et d’assurer les dépenses, tout en prévoyant des mesures pour alléger les charges fiscales des entreprises leur permettant de se relever ». Qu’au lieu des 4 029 milliards ariary estimés initialement, le projet de LFR ne prévoirait plus que 2 757 milliards ariary.

Les recettes douanières, pour leur part, ne seraient plus d’un peu plus de 2 421 milliards ariary, au lieu des 3 007 milliards ariary prévus initialement.

Seules les prévisions de dépenses n’ont pas été exposées en commission. Alors que des ministres se débattent encore pour boucler leurs prévisions budgétaires, au Parlement, certains courants affirment leur impatience. L’ordre du jour de l’Assemblée nationale, prévoit que le projet de LFR soit débattu en séance plénière, le 3 juin.

Les sénateurs prévoient de prendre le relais, le 17 juin. Des parlementaires craignent, cependant, que le temps qui reste avant la fin de la session ne permette pas d’étudier convenablement le projet de loi.

Le délai constitutionnel de soixante jours pour cette session ordinaire, arrive à échéance le 5 juillet, en principe. « Nous sommes tout à fait conscients que c’est difficile, car la crise est là, le contexte évolue en permanence. Ce ne sera, toutefois, pas une simple LFR, cette loi va supporter la relance. Certains dans nos rangs estiment qu’elle doit être bien décortiquée », confie un membre de la Chambre basse.