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Sécurité – Les ateliers clandestins de fabrication d’armes prolifèrent

Les  armes  saisies  ont  été  détruites  par  un  bulldozer.

Les résultats du mois de l’amnistie des armes ont été présentés hier. Un constat sur la multiplication des ateliers clandestins de fabrication d’armes a été fait durant la cérémonie.

Une résurgence des violences clandestines et dispersées. Ce constat a été affirmé par le général Richard Rakotonirina, ministre de la Défense nationale, hier, sur le parvis de l’hôtel de ville, Analakely, durant la cérémonie de clôture du mois de l’amnistie des armes. À s’en tenir aux explications du membre du gouvernement, ce relent de violence a pour source, la prolifération des ateliers clandestins de fabrication d’armes artisanales, “pour s’adonner à des activités criminelles”. Un effort particulier est concentré dans la lutte contre ce phénomène qui prolifère depuis quelques années, ajoute-t-il, puisque, “ces individus minent la sérénité de la population et n’hésitent pas à s’en prendre à l’État de droit”.

Le mois de l’amnistie des armes a été érigé par l’Union africaine (UA), dans le cadre de l’initiative “Faire taire les armes en Afrique”. Son objectif est de lutter contre la prolifération et la circulation des armes, surtout illégales, afin de favoriser la paix et la sécurité sur le continent. Madagas­car y a adhéré depuis 2018. Aussi, durant un mois, tous ceux qui détiennent des armes illégales peuvent les remettre aux autorités, ou procéder à leur légalisation, sans craindre des représailles judiciaires.

Comme l’a souligné Hawa Ahmed Youssouf, repré­sentante spéciale de l’UA, Mada­gascar fait partie des champions dans la collecte des armes illicites depuis que le pays a appliqué le mois de l’amnistie des armes. La Grande île a un record de mille armes collectées, au moins, chaque année depuis 2018. Des résultats félicités par la diplomate.

Sensibilisation et répression

Cette fois-ci encore mille quatre-vingt-neuf armes illégales ont été collectées durant le mois de l’amnistie des armes qui s’est déroulée en novembre 2021. La performance soulignée par la représentante spéciale de l’UA met, cependant, en lumière un phénomène inquiétant. Les efforts faits depuis 2018 n’ont, visiblement, pas permis d’endiguer la circulation des armes illicites à Madagascar. Comme chaque année, les armes illégales collectées sont détruites publiquement.

Une cérémonie de destruction au bulldozer des armes illégales a été organisée, hier, sur le parvis de l’hôtel de ville d’Antananarivo. La pile du millier d’armes, une grande majorité sont de confection artisanale. Les attaques à mains armées, même en zone urbaine, sont souvent perpétrées avec des armes artisanales depuis un certain temps. Ces situations confirment les dires du ministre de la Défense nationale.

“Nous devons produire plus d’efforts pour nuire à ces acteurs clandestins par des actions de sensibilisation, de répression judiciaire de ces actes répréhensibles, puisqu’il y a processus de fabrication et de dissémination de désordre, qui nuit à nos efforts pour la paix”, assène le membre du gouvernement. Le mois de l’amnistie, par ailleurs, est également, l’occasion de procéder à un recensement de grande envergure des armes à feu légales à Madagascar.

Selon les chiffres communiqués par le général Roger Rasolofonirina, directeur du service national et de la gestion des réserves au sein du ministère de la Défense nationale, il y a près de quatre-vingt-quinze mille armes légales à Madagascar. “J’ai les papiers et les photos des détenteurs de chacune de ses armes au sein de ma direction”, affirme l’officier général. Il ajoute, du reste, que même si le mois de l’amnistie est terminée, “j’encourage ceux qui veulent régulariser les armes qu’ils détiennent à se présenter auprès des bureaux y afférents”.

 

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