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Editorial

Génies malfaiteurs

La pauvreté donne des ailes et pousse à l’invention. La révolution industrielle en est la preuve. Le dénuement et l’immense pauvreté ont contraint la population à faire preuve de création et d’invention. La révolution industrielle a propulsé l’économie européenne vers le développement. On se trouve un peu dans la même situation. Le chômage et la pauvreté font travailler les méninges. De la naissent les fabricants d’armes artisanales ou de faux billets de banque. Si l’objectif est d’armer les bandits pour commettre des braquages ou d’attaquer les foyers ou de rêver d’être un cresus sans travailler, il faut retenir le “ génie” malfaiteur de ces parias de la société. Au lieu de les envoyer en prison où ils gonflent un effectif déjà astronomique, on pourrait les exploiter pour servir la société. Il ne faut pas griller nos “cerveaux en herbe” Quand on sait que l’État dépense une somme monumentale dans l’impression des billets de banque à l’étranger alors que le faussaire arrive à les imiter de façon presque parfaite, il faut peut-être penser à imprimer nos monnaies localement. Comme on incite aujourd’hui à produire sur place ce dont nous avons besoin et réduire les importations afin de renverser la situation de la balance de paiement et surtout d’éviter la hausse des prix, pourquoi ne pas commencer par le moyen de paiement le plus utilisé. La souveraineté aura ainsi un sens. L’ariary sera peut-être mieux côté ainsi.

Il en est de même des fabricants d’armes. On ignore si l’usine de munitions de Moramanga fonctionne toujours en tout cas, ces artisans malfaisants pourraient être orientés vers la production industrielle d’armes dont l’importation coûte également la peau des fesses. Le gouvernement vient d’ailleurs de commander des armes pour la police et l’armée alors que si on pouvait les fabriquer sur place, on aurait pu affecter l’argent pour éradiquer le kere dans le Sud, régler une bonne fois pour toutes les bourses des étudiants, les heures complémentaires des chercheurs enseignants ou enseignants chercheurs, les indemnités des paramédicaux, pour réhabiliter les cites ” U” de Vontovorona, d’Ankatso I et II, d’Antsiranana…devenus des écuries indignes des étudiants, ou refaire les routes nationales impraticables depuis plusieurs mois…

Il faut surtout définir les priorités dans une conjoncture où tout est devenu urgent. La situation se complique tous les jours. La solution ne peut venir que d’une politique volontariste et déterminée. Il faut se passer des idées surannées sur certaines situations où les réalités dépassent les textes et les lois. La notion de liberté sous caution devrait être instaurée de manière officielle pour certains délits pour désengorger les prisons et surtout pour renflouer la caisse de l’État. On a vu récemment dans des enregistrements vidéos que des délinquants paient des cautions faramineuses à un ministre, un juge, un penitencier. C’est une façon de mettre fin à la corruption au tribunal. Un bon arrangement vaut toujours mieux qu’un mauvais procès.

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