Accueil » A la une » Relations bilatérales – La coopération française 1,5 million d’euros pour le Grand Sud sur plusieurs fronts
A la une Economie L'Express plus

Relations bilatérales – La coopération française 1,5 million d’euros pour le Grand Sud sur plusieurs fronts

L’ambassadeur de France, Christophe Bouchard.

Il serait prétentieux de dire ou de déduire que le ciel est redevenu bleu entre Paris et Antananarivo. Cela n’empêche pas la coopération française d’être active sur divers volets socio-économiques.

Oublier un moment les sujets délictueux. Et les malentendus. Pour ne citer que le conflit territorial sur les îles éparses. Qui, au début, a été abordé avec cordialité et respect mutuel par les présidents Andry Rajoelina et Emmanuel Macron. Avant de devenir un sujet qui fâche entre les deux hommes. Emmanuel Macron, semble-t-il, n’aurait apprécié la participation de son homologue malgache au premier Sommet Russie-Afrique de Sotchi. À un moment où Vladimir Poutine, et son allié objectif turc, Recep Tayip Erdogan, ont été la cible des critiques des pays de l’Union Européenne sur sa stratégie « jugée expansionniste » par ces occidentaux dans la guerre contre le tentaculaire « État islamique » en Syrie. En guise de « représailles diplomatiques », Emmanuel Macron, depuis les Glorieuses, le plus grand des atolls des îles éparses en termes de superficie, s’est exclamé : « Ici c’est la France ! ». Une déclaration intempestive, à l’arrière goût colonial, restait en travers de la gorge des nationalistes malgaches. Depuis cet incident, aucune avancée notable n’a été enregistrée dans le traitement du dossier des îles éparses.

Après la première réunion de la Commission mixte au palais d’Andafiavaratra, le 18 novembre 2019, aucune autre initiative allant dans le sens de l’apaisement n’a eu lieu. D’autres animosités sous-jacentes étaient venues se greffer à cette tumeur qui a gangréné les relations entre les deux pays. Comme ces faits divers à caractère meurtrier ayant impliqué, de près ou de loin, des ressortissants français. Les différends sur certains aspects de la gestion des aéroports d’Ivato et de Nosy Be, attribuée sous forme de mise en concession pour vingt huit ans, au Consortium français Ravinala Airports, constituent aussi des points de friction entre les deux camps. Même l’inauguration de ces deux superbes constructions reste suspendue. À la réouverture des frontières aériennes certes, mais aussi à quelques « ajustements structurels » sur les clauses du contrat.

Trop à l’avantage de Ravinala Airports, estiment certains députés de l’actuelle majorité qui ont décidé d’ouvrir une enquête parlementaire. Qui n’aboutira certainement pas à une remise en cause de ces « droits acquis », mais dénote un malaise profond sur la question.

A contrario, au-delà de ces vicissitudes politiques et financières, tel un écheveau difficile à dénouer, la France a montré, ces derniers jours, une générosité inhabituelle à l’égard des heureux bénéficiaires de ses aides financières non négligeables.

À commencer par les damnés de la terre du Sud profond. Mais d’autres domaines ont eu leur part dans les aides financières françaises.

1,5 million d’euros pour le Grand Sud

Le représentant du système des Nations Unis, Issa Sanogo.

La France s’associe à l’Appel Flash des Nations Unies pour lutter contre le kéré.

La France est pleinement mobilisée aux côtés de Madagascar pour lutter contre le kéré dans le Grand Sud du pays. Dans ce cadre, elle contribue à hauteur de 1,5 million d’euros à l’Appel Flash lancé le 18 janvier, par le système des Nations Unies à Madagascar pour venir en aide aux populations du Grand Sud de Madagascar, touchées par la sécheresse et la malnutrition (kéré). Il s’agit de la première tranche de l’aide alimentaire programmée pour 2021 par la France en faveur de Madagascar.

Les financements ainsi apportés à quatre projets, détaillés ci-après, permettront de venir en aide à plus de cinquante mille personnes. Les projets retenus, conformes aux engagements et aux priorités françaises en matière d’aide alimentaire, se déploient dans des zones particulièrement à risque en termes de sécurité nutritionnelle et sont destinés à améliorer la situation nutritionnelle des populations concernées.

300 000€ en faveur de l’ONG GRET-Professionnels du développement solidaire

Signature de la convention avec le GRET.

Le projet du GRET, complémentaire de celui du PAM car il cible des zones différentes, concerne les deux principales communes du district d’Ambovombe dans la région Androy. La population y est fortement touchée par une malnutrition aigüe et dispose d’un faible accès aux services de nutrition communautaire.

L’objectif de l’ONG est de consolider la prise en charge des enfants en malnutrition aigüe modérée par des rations de décharge, de poursuivre les activités de filets sociaux en faveur des mères d’enfants de 6 à 24 mois et des femmes enceintes et allaitantes pendant la période de soudure, et enfin d’améliorer les pratiques alimentaires.

Le projet prévoit enfin un accompagnement de ces activités par l’éducation de la population aux bonnes pratiques d’alimentation, de soins et d’hygiène, en valorisant les légumineuses et céréales locales.

750 000€ en faveur du Programme Alimentaire Mondial (PAM)

Signature de la convention avec le PAM.

Dans le cadre du projet financé, le PAM cherche à prévenir la malnutrition en augmentant l’accès des femmes enceintes et allaitantes (plus de mille deux cents concernées) et des enfants de 6 à 23 mois (près de mille huit cents concernés) à des aliments nutritifs adaptés et à traiter près de vingt mille enfants de 6 à 59 mois souffrant de malnutrition aigüe modérée dans les communes d’Anavoha et d’Androimpano, dans le district d’Ampanihy, dans la région Atsimo-Andrefana.

 

250 000€ en faveur d’Action Contre la Faim (ACF)

La signature de la convention avec Action contre la Faim.

Le projet d’Action Contre la Faim a pour objectif d’améliorer la sécurité nutritionnelle des groupes vulnérables, en améliorant l’accès aux service de prise en charge de la malnutrition aigüe et en renforçant les groupements de femmes pour la résilience, l’autonomie et la diversification alimentaire. Il est, lui aussi, complémentaire du projet du PAM puisqu’il se déploie dans des zones non couvertes par ce projet.

 

 

Pérenniser une offre de finance verte

Les trois ONG françaises, très présentes dans le Sud du pays, travaillent ensemble afin d’élaborer une stratégie commune de prise en charge, notamment des enfants malnutris. Leurs actions sont donc complémentaires et donc rendues plus efficaces encore.

Afin de promouvoir les investissements du secteur privé au bénéfice de la transition énergétique malgache, l’Agence Française de Développement (AFD) met en place le programme SUNREF Madagascar (Sustainable Use of Natural Ressources and Energy Finance) qui vise à soutenir le développement du marché de la finance verte à l’échelle nationale.

Ce programme vise à soutenir un développement plus sobre en énergie et en carbone, à un meilleur accès à l’énergie et à la protection de l’environnement à Madagascar et à un renforcement pérenne des capacités locales de tout l’écosystème de la finance verte. Il ambitionne de développer la capacité et l’appétence des intermédiaires financiers dans ces domaines et, partant, de soutenir les investisseurs et porteurs de projets dans la réalisation d’investissements verts. Ce faisant, le programme SUNREF a également comme ambition de consolider l’ensemble des acteurs qui y interviennent (fournisseurs, ingénieurs, régulateurs, etc.) et à accompagner la mise en œuvre des politiques publiques en matière d’énergie et de protection de l’environnement à Madagascar.

Sur une durée de quatre ans, le programme SUNREF Madagascar est constitué de trois composantes : (i) des lignes de crédit bancaires auprès de banques locales partenaires, (ii) un dispositif d’incitation financière via des primes à l’investissement distribuées par ces mêmes banques et (iii) un programme d’Assistance Technique (AT) financé grâce à un financement européen délégué (convention de délégation de l’Union Européenne sur le fonds AITF – Africa Infrastructure Trust Fund).

La cérémonie du 12 avril est l’occasion de signer, en présence de l’ambassade de France ainsi que la représentation de l’Union Européenne, une première convention de crédit avec la banque MCB Madagascar. Cette convention fait de cette entité la première institution financière à Madagascar à bénéficier de cette ligne de crédit vert et représente dès lors le lancement du programme SUNREF Madagascar.

Ainsi grâce à ce programme :

  • les objectifs du gouvernement en termes d’énergie et d’environnement pourront être appuyés par les banques participantes ;
  • la place bancaire malgache pourra finalement se doter d’une première véritable offre locale de finance verte à destination d’entreprises privées et de particuliers ;
  • Jusqu’à 15M€ d’investissements pourraient être financés, ce qui représenterait plusieurs dizaines de projets de tailles différentes et renforcera l’ensemble de leurs chaines de valeur. Rony Radaylall, Directeur Général du MCB Madagascar, donne son avis. « Cette convention est une étape importante dans la promotion des projets éco-responsables dans le pays. À la MCB, nous ne cachons pas notre fierté d’être partenaire de l’AFD et de l’Union Européenne, et surtout d’être la toute première banque de Madagascar à contracter cette ligne de crédit. Notre démarche est volontaire, réfléchie et résolument novatrice pour Madagascar. Cette ligne va nous permettre d’aller plus loin dans le financement des entreprises et des particuliers qui désirent investir dans les projets de transition et d’efficacité énergétique. Notre Groupe a déjà structuré des financements verts sous la bannière SUNREF pour des entités à Madagascar, mais à partir de notre siège à Maurice, ce qui était déjà une première à l’époque. Cette fois, nous allons pouvoir financer davantage de projets de Madagas­car avec cette ligne dédiée. »

Et voici ce qu’en pense Yves Guicquéro, Directeur de l’Agence Française de Développement à Madagascar : « L’AFD est très heureuse, en partenariat avec l’Union Européenne, de voir enfin se déployer à Madagascar le Programme SUNREF et de signer avec la MCB cette première ligne de crédit. Le dispositif SUNREF, qui a prouvé son efficacité dans de nombreux autres pays dans le monde, permettra de stimuler l’investissement privé et de promou­voir à Madagascar un mode de développement plus durable. »

Ce projet a pour objectifs de soutenir les actions en faveur de la sécurité alimentaire dans le moyen et long termes en recourant aux pratiques qui permet de renforcer l’autonomie et la résilience des ménages et de renforcer la prévention et le traitement de la malnutrition.

Il propose pour cela d’améliorer l’accès et la qualité des services de prise en charge de la malnutrition aigüe modérée. Et ce, à travers la mise en place d’une stratégie avancée de cliniques mobiles déployées dans le Grand Sud et de renforcer durablement la capacité des ménages vulnérables à satisfaire leur moyen d’existence, à améliorer et à diversifier leur sécurité nutritionnelle en favorisant les groupements féminins.

Il bénéficiera directement à plus de onze mille personnes dont dix mille enfants de moins de 5 ans en situation de malnutrition aigüe.

200 000€ en faveur d’Humanité et Inclusion (HI).

Signature de la convention avec Humanité et Inclusion.

Le projet de l’ONG « Humanité et Inclusion » a pour objectif d’apporter une aide alimentaire d’urgence à des personnes handicapées et à leurs ménages dans la région Atsimo-Andrefana afin de réduire les risques nutritionnels liés à la sécheresse dans le Grand Sud, tout en accompagnant les services médicaux dans la réduction du handicap chez les enfants de 0 à 5 ans, en situation de malnutrition ou sous-nutrition.

Il bénéficiera directement à plus de mille personnes handicapées et leurs ménages (soit plus de cinq mille personnes) et à environ huit cents enfants de 0 à 5 ans en situation de malnutrition et à leurs parents.

Rocade d’Iarivo en phase d’achèvement

La Rocade d’Iarivo décongestionnera la circulation dans la ville d’Antananarivo, sera bientôt totalement fonctionnelle.

Avec la Banque européenne d’investissement, l’Union Européenne, l’Agence française du développement a aussi apporté une grosse part dans le financement de la Rocade d’Iarivo.

« La Rocade est un projet important pour Antananarivo et que les habitants d’Antananarivo attendaient depuis longtemps et qui est quasi terminé. Elle va permettre une amélioration considérable de la circulation dans toute l’agglomération d’Antana­narivo. C’est également un projet important pour la France et pour l’Europe, car c’est un bel exemple de coopération entre Madagascar et la France » s’est exprimé Christophe Bouchard, ambassadeur de France à Madagascar lors d’une visite du chantier la Rocade d’Iarivo, en phase d’achèvement avec les autorités malgaches.

Avancement du projet

Ce projet, financé par la Banque Européenne d’Investissement, l’Union Européenne et l’Agence Française de Développement, les travaux d’infrastructures routières de la Rocade d’Iarivo, porte sur la réalisation d’une rocade urbaine de deux fois deux voies d’une longueur totale de 8,21 km. Allant du Boulevard de Tokyo au rondpoint d’Andranobevava, en passant par Ambohimahitsy, ainsi qu’une pénétrante urbaine (partant de Nanisana à Ankadindramamy). Le projet comporte également deux ponts et quarante et un ouvrages hydrauliques.

La construction de ce projet a nécessité la mise en œuvre de remblai de la chaussée avec une hauteur de 4 ou 5 mètres en moyenne (et allant jusqu’à 30 mètres sur certaines sections des tronçons). Suivi par la pose de la couche de fondation en grave concassé de 30 cm, la pose de la grave-bitume qui équivaut à 15 cm d’épaisseur qui est actuellement recouverte d’une couche de roulement en béton bitumineux d’une épaisseur de 6 cm.

Indemnisations

Suivant le planning d’exécution des travaux, la situation d’avancement physique des travaux est estimée à 92% L’ouverture au public est prévue en milieu d’année si les conditions météorologiques et surtout sanitaires sont favorables.

Actuellement, 97% propriétaires des biens non titrés (les maisons), ont été indemnisées (soit 615 des 635 personnes affectées par le projet). Les derniers dossiers restants sont en cours de traitement au MATP et au niveau du Trésor public. Cependant, en ce qui concerne les biens titrés  (terrains), seuls 27 % des 738 propriétaires ont été indemnisés. Actuellement les services fonciers du MATP et le ministère des Finances étudient des solutions pour accélérer ces indemnisations, notamment au travers de la mise en place d’une procédure dérogatoire pour les propriétaires qui ne sont pas en mesure de fournir l’intégralité des justificatifs demandés pour avoir accès à ces indemnisations.

Par ailleurs, le projet appuie de nombreuses actions pour accompagner les propriétaires dans leurs démarches administratives en vue de régulariser leurs situations. Ces actions sont encourageantes (même si le taux des propriétaires non identifiés reste encore élevé) et se traduisent par une augmentation de la fréquentation du Guichet Unique pour demande d’informations, d’accompagnement, de notification ou de dépôt des dossiers (3 à 5 PAPs par semaine en moyenne).

Commenter

Ce formulaire recueille votre nom et adresse e-mail afin que nous puissions valider votre commentaire. Veuillez consulter notre politique de confidentalité afin de prendre connaissance sur la façon dont nous protégeons vos informations.
Je consens à ce que L'Express de Madagascar collecte mon nom et email..

Cliquez pour commenter