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Devises – Rapatriement de 460 millions de dollars

Avec  le  rapatriement  des  devises,  l’ariary  reçoit  une  bouffée  d’oxygène.

Le salut de l’ariary aux changes monétaires proviendrait d’un retour massif des devises. Des résultats encourageants sont ressentis. Même si le chemin à parcourir est encore long.

Le président de la République Andry Rajoelina en a pipé mots, en marge de la prestation de serment du nouveau directeur général du SAMIFIN , Mamitiana Rajaonarison. « Il faudra s’attaquer à ces entreprises qui exploitent les richesses du pays, les vendent à l’étranger mais rechignent à rapatrier les devises qu’elles gagnent » a-t-il mentionné. Il n’a pas tout à fait tort. Relation de cause à effet.

La faiblesse de l’ariary au Marché interbancaire de devises, MID, a toujours été présentée comme une conséquence directe des recettes d’exportation qui s’entassent ailleurs au lieu de remettre à flot la monnaie nationale. Qui vit sous la perfusion des aides financières internationales. Mais cette tendance commence à s’inverser. Depuis 2007, une nette amélioration du taux de rapatrie­ment, ratio entre engagement et rapatriement, a été quand même enregistrée, selon les constatations du suivi annuel.

En 2020, par exemple, et malgré la crise sanitaire de la Covid-19, sur un engagement de rapatriement de 5.074.110.124.930 ariary, 4.370.829.245.720 ariary sont revenus au bercail. Soit un taux de recouvrement de 86, 14%. Et depuis le début de l’année 460 millions de dollars ont été récupérés. Quatre cent soixante douze entreprises ont accepté de collaborer sur les 1754 mises sur la sellette.

Échanges fluidifiés

Mais cette quête irait crescendo davantage car tous les chiffres ne sont pas disponibles. Le délai imparti aux opérations de rapatriement est de 90 jours, depuis la fin d’année, pour les entreprises de droit commun. Ainsi d’ici là, il y aura encore d’autres flux financiers assez importants, dans le sens des arrivées, à venir.

Ces performances notables, à part les menaces de sanctions, s’expliquent aussi par l’installation et l’instauration de quelques dispositifs visant à fluidifier les échanges commerciaux. Tout en facilitant les contrôles en la matière. En premier lieu, la mise en place du Système Intégré de Gestion des Opérations de Changes ou SIG-OC qui gère les flots des exportations et des importations. Il s’agit d’un système avant-gardiste des nouvelles technologies de l’information, qui propose l’informatisation et l’automatisation du processus de traitement des dossiers liés aux changes. Le SIG-OC a pour principal objectif de « contribuer à l’amélioration de la bonne gouvernance et la transparence de gestion » avancent ses concepteurs. Avant l’avènement du SIG- OC, les multiples opérations se faisaient avec des supports papiers et échanges de fichiers. Un processus d’une lourdeur exaspérante, dans la mesure où il fallait traiter pas moins de cent mille domiciliations chaque année. La mise en place du SIGOC offre plusieurs avantages pour tous les acteurs concernés. Du côté de l’Administra­tion, ce système permet entre autres une meilleure traçabilité et un meilleur suivi de l’évolution des opérations de change. Il facilite la détection des infractions à la réglementation en la matière. Il donne aussi à l’Administration l’occasion de disposer en temps réels des statistiques liées aux divers mouvements. Du côté des banques, le SIG-OC est un outil de choix pour assurer un meilleur suivi des dossiers d’imports et exports de leurs clients. Pour les opérateurs économiques, le SIG-OC est une plateforme leur permettant de déposer, directement en ligne, leurs demandes sans avoir à se déplacer auprès des banques ainsi que consulter dans le temps et l’espace de l’évolution de leurs démarches ou d’extraire et d’utiliser des données à des fins statistiques. « L’opérateur va gagner en productivité, que ce soit pour l’émission ou pour le suivi d’un bout à l’autre du processus en cours ». soulignent les promoteurs du SIG-OC. Comme les devises rapatriées doivent être cédés sur le MID, elles devraient étoffer l’offre. D’où la participation du système pour la stabilisation de l’ariary sur l’échelle des valeurs. Il pourrait même dire que le système contribue à freiner ou amoindrir la dépréciation de l’ariary. Si on regarde les courbes de la Banque centrale sur son site, on constate une certaine stabilisation de l’ariary ces derniers jours. L’effort du ministère de l’Économie et des finances, MEF, à inculquer la bonne gouvernance dans ses actions, la dématérialisation progressive mais irréversible des services publics, commence à produire les effets escomptés. L’accent a été aussi mis sur les sanctions aux entreprises passant outre les réglementations en vigueur. Le gouvernement actuel, à travers le MEF, a été le premier à oser porter plainte contre les infractions commises par les concernés. Un pas de plus vers davantage d’efficacité.

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