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Changement climatique – Recrudescence du paludisme à Antananarivo

Alors qu’Antananarivo va progressivement vers l’élimination du paludisme autochtone,
de nouveaux cas apparaissent au mois de mars. Des scientifiques mènent des investigations.

Les anophèles vecteurs du paludisme pourraient réapparaître à Antananarivo. Trois personnes issues du district d’Antananarivo Atsimondrano ont été dépistées avec le parasite qui cause le paludisme, au mois de mars. Elles ont, fort probablement, attrapé la maladie dans leur quartier. « Selon leur récit, elles n’ont pas quitté Antananarivo depuis quelque temps. Historiquement parlant, donc, des anophèles qui vivent à Antananarivo leur ont transmis le parasite. Il nous faut, toutefois, des preuves entomologiques pour confirmer que le vecteur se trouve ici », explique-t-elle (ndlr : les côtes, pour leur climat chaud et humide, sont les lieux de reproduction des anophèles femelles).
Ces cas ont été découverts suite à des investigations menées par des équipes de la Coordination du Programme national de lutte contre le Paludisme (PNLP), auprès du ministère de la Santé publique, après qu’une victime du paludisme ait été traitée dans une formation sanitaire. Les investigations des scientifiques se poursuivent. Le vecteur du paludisme a, pourtant, disparu de la capitale, depuis 3 à 4 ans, selon une source auprès du ministère.

Changement climatique
En mai 2018, la dernière campagne d’Aspersion intra domiciliaire (CAID) a été effectuée à Tanà-Nord et Tanà-Sud, vu la déclaration de l’élimination en cours de cette maladie parasitaire dans ces deux districts, selon le ministère. Le Dr Mauricette Andriamananjara, coordinatrice du PNLP a affirmé, récemment, que le paludisme autochtone est en phase d’élimination à Antananarivo, actuellement, avec moins d’un cas sur mille.
Mais un revirement de la situation est à craindre, à cause des impacts du changement climatique. La hausse de la température est un facteur favorable à la reproduction des anophèles. « Les anophèles femelles ont besoin d’une température de plus de 18°C pour se reproduire. Actuellement, la température moyenne est autour de 20°C sur les Hautes Terres centrales. Il n’y a pas moyen de baisser cette température. Il fera encore plus chaud, à cause du changement climatique. Ce qu’il faut, c’est éliminer les moustiques », souligne Zo Rabefitia, climatologue auprès de la direction générale de la Météorologie.
Le changement climatique est, donc, favorable à la recrudescence du paludisme autochtone. Avec l’apparition de ces nouveaux cas à Atsimondrano, une Aspersion intra domiciliaire a été effectuée dans le quartier des victimes, lors de la confirmation des cas, en mars. Le ministère renforcerait la lutte anti-vectorielle avec cette aspersion intra domiciliaire pour couper la chaîne de transmission du paludisme.

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  • Le paludisme est une maladie transmise par la piqûre d’un moustique infecté, ou par la contamination de la mère au fœtus, lors d’une greffe ou d’une transfusion sanguine. Le paludisme reste l’une des plus importantes cause de mortalité (plus de 500 000 morts par an) et de morbidité (200 millions de cas par an) dans le monde alors que des moyens de prévention et de traitement existent. La principale méthode de prévention et de lutte anti-vectorielle repose sur la distribution et l’utilisation par les populations résidentes en zone d’endémie palustre de la moustiquaire pré-imprégnée d’insecticide et à longue durée d’action.