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Enseignement et inclusion financière – Une équation d’avenir

Les  frais  de  scolarité  restent  difficiles  à  collecter.

Afin d’assurer une meilleure gestion des établissements d’enseignement non publics, ces derniers sont incités à miser sur les opportunités offertes par le système d’inclusion financière.

Les écoles privées du pays ont des difficultés à collecter les frais de scolarité. Une étude menée par Microsave Consulting (MSC) montre que la grande majorité des établissements tiennent encore leur comptabilité de façon manuelle, ce qui engendre des pertes de données, des informations erronées et des problèmes de traçabilité. Pour les parents des élèves, cette manière « artisanale » de collecter les frais de scolarité les oblige à se déplacer, ce qui est une perte de temps et d’argent.

Le retard de paiement des frais de scolarité est le problème majeur souligné par les responsables des écoles. Le déficit en équipements augmente aussi les tracasseries en matière de recouvrement: peu ou pas de matériel informatique, pas de process en place pour payer les frais de scolarité, pas de plateformes de gestion des enseignants…

Pourtant des solutions commencent à être appliquées sur le continent africain, notamment pour optimiser et améliorer la collecte des frais de scolarité. La digitalisation des frais de scolarité pourrait aider les écoles à mieux gérer leurs revenus et leurs dépenses. Pour les parents, elle permettrait de réduire les coûts liés aux dépenses en éducation.

Hausser le taux d’inclusion financière

Bien qu’il existe des institutions financières diversifiées, le taux d’inclusion financière dans le pays demeure relativement faible et avec une répartition inégale sur le territoire national. La majorité des foyers malgaches gèrent toujours leurs revenus hors du système financier.

À Madagascar, selon Global FinDex, moins de 20 % des adultes sont inclus financièrement, c’est-à-dire utilisent des services financiers formels (compte dans une institution financière ou compte de mobile money). 12 % seulement des adultes disposent d’un compte mobile money. Mais selon MSC, les obstacles peuvent être surmontés par l’avènement des nouvelles technologies portées par les FinTech, à condition qu’elles connaissent les besoins réels de la population et qu’elles fassent un travail de sensibilisation à grande échelle.

La Côte d’Ivoire, par exemple, est parvenue à digitaliser la plupart des paiements des frais de scolarité dans le secondaire depuis plus de 5 ans. Plus de 90 % des élèves du pays (estimés à 1,5 million) paient leurs frais de scolarité de manière numérique, plus de 80 % via le mobile money et 6 % sur Internet.

Les services financiers sont considérés comme un élément indispensable pour accélérer le développement sur plusieurs axes dans le domaine de l’éducation. Ils peuvent aider à réduire les contraintes de trésorerie dues aux retards ou au non-paiement des frais de scolarité, ce qui permettra de payer à temps les salaires des enseignants. De plus, ils peuvent permettre des investissements dans les infrastructures et les équipements pour améliorer la qualité de l’enseignement.

Pas de grosses réticences perceptibles

Selon toujours MSC, son enquête a démontré que la population est réceptive à ce type d’innovation car elle y trouve son intérêt. L’étude sur l’analyse de la demande des transferts de fonds a fait paraître par exemple que les familles accueillent très positivement le paiement à distance des frais de scolarité, pour gagner du temps, et que les envoyeurs veulent s’assurer que leur argent est utilisé à bon escient.

Selon la Banque Africaine de Développement (BAD), la part de la scolarisation dans les écoles primaires privées africaines est passée de 6 % en 2007 à plus de 10% actuellement, et dans les écoles secondaires de 8 à 15 %. Les inscriptions dans les établissements privés d’enseignement supérieur ont quintuplé, passant de 3 à 16 %.

C’est d’autant plus vrai à Madagascar que les établissements non publics sont en pleine expansion. Au niveau du collège et du lycée, les écoles privées représentent respectivement 57 % et 73 % des structures en activité. Et l’enseignement privé joue un rôle de plus en plus important dans le secteur de l’éducation. L’offre publique n’étant pas suffisante, les privés prennent le relais.

Par ailleurs, la qualité de l’éducation est qualifiée de meilleure dans le privé que dans le public car le taux d’absentéisme des enseignants est plus faible et les écoles sont mieux dotées en équipement. Beaucoup d’écoles privées sont confessionnelles et les parents les choisissent par conviction religieuse. Mais ces écoles privées sont payantes. Les frais de scolarité des écoles privées varient entre 5 000 et 800 000 ariary par mois en fonction de leur positionnement sur le marché et des subventions reçues de l’État. Ce qui est largement au-delà de ce que gagne la population moyenne.

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