Transports aériens - Air Madagascar se rapproche d’Ethiopian Airlines


La compagnie Air Madagascar serait en contact avec Ethiopian Airlines pour un partenariat. Une tentative salutaire pour sauver la compagnie nationale. Rappel des faits. En marge d’une réunion de l’Union africaine à Addis-Abeba où il représentait le pays, Rivo Rakotovao a eu des contacts de haut niveau avec le staff dirigeant d’Ethiopian Airlines. Au centre des pourparlers, l’éventualité d’un partenariat entre la géante africaine et Air Madagascar. Mais son initiative a été jugée inappropriée, sinon déplacée par les membres du Conseil d’administration d’Air Madagascar qui ont préféré privilégier la poursuite du chronogramme du partenariat stratégique avec Air Austral. Rivo Rakoto­vao, à sa descente d’avion, a été aussitôt recadré. Mais des mois plus tard, Air Austral et Air Madagascar ont fini par rompre un accord boiteux, dès son décollage, qui n’a profité ni à l’une, encore moins à l’autre. Plusieurs points délictueux des clauses convenues et conclues entre les deux parties n’ont pas été respectés. Au lieu de s’accuser mutuellement de mauvaise foi, un divorce à l’amiable a été trouvé comme terrain d’entente ou de mésentente. Une sorte d’aire de dégagement comme on dit dans le milieu. D’autant qu’Air Madagas­car, en plein zone de turbulence, a été frappée par la foudre du Tribunal de commerce de Paris. Le verdict sur un nébuleux conflit lié à la fausse-vraie vente-location de deux carcasses d’Airbus, de véritables poubelles volantes, budgétivores à l’entretien et gros consommateurs de kérosène, a condamné Air Madagascar à payer 100 millions d’euros à titre de dommages et intérêts au profit d’Air France. Le plomb dans l’aile de trop qui a poussé le directeur général Besoa Razafimaharo, pourtant un enfant de la maison, à s’éjecter via le hublot. Il a démissionné avant qu’une décision du conseil des ministres ne scelle son sort. Piste éthiopienne Siège aussi éjectable qu’il soit fait, semble-t-il, l’objet de nombreuses convoitises parmi ceux et celles qui gravitent autour de la présidence de la République. Mais son successeur ne serait connu qu’au mois d’avril, suivant un module de recrutement façonné par un cabinet d’audit et de conseil. À part les tâches quotidiennes d’un directeur général de son rang, l’heureux élu ou l’heureuse élue - le dernier mot appartient au conseil des ministres, l’État étant l’actionnaire majoritaire chez Air Madagas­car - aura surtout à piloter le Business plan. Joël Randria­mandranto, ministre des Transports, de la météorologie et du tourisme, à la réouverture de l’aéroport de Nosy-Be aux vols internationaux, le 1er octobre, a affirmé que le contenu de ce mémorandum de sauvetage serait connu dans quinze jours. Mais aujourd’hui, lui-même ignore de quoi il retourne. Et voilà que la piste de réflexion éthiopienne serait de nouveau envisagée pour sauver ce qui peut encore l’être de l’ancien porte-étendard de l’économie nationale, fierté de tout un peuple. Beaucoup parmi les spécialistes de l’aéronautique civile ont insisté pour trouver un « gros requin du ciel » pour prendre Air Madagascar sous ses ailes. Du gabarit d’Ethiopian Airlines. Avec les risques réels d’une phagocytose irréversible. Mais pour consoler les irréductibles nationalistes, disons que mêmes les grosses pointures européennes et américaines s’allient avec des puissants groupes multinationaux pour survivre. Alors, si le salut d’Air Madagascar repasserait par Addis-Abeba, Rivo Rakotovao mériterait une reconnaissance. Pour l’ensemble de ses œuvres.
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