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Editorial

Ahmadagascar

Faut peut-être pas encore crier victoire mais Ahmad a gagné une bataille dans son bras de fer avec la FIFA. Le Tribunal arbitral du sport a suspendu les sanctions qui lui ont été infligées par la commission d’éthique de la FIFA pour corruption dont notamment une suspension de cinq ans de toute activité relative au football. Une décision qui rétablit Ahmad à la présidence de la CAF et qui semble juste contrairement à la sentence arbitraire de la FIFA. La sanction de la commission d’éthique de la FIFA a tout d’un coup monté bien préparé. Elle a trait à une affaire pour laquelle Ahmad avait été gardé à vue par la police française en 2019 en marge d’une AG de la FIFA avant d’être relâché, faute de charge. Ensuite, la sanction tombe au moment où Ahmad annonce sa candidature pour un deuxième mandat à la présidence de la CAF. Puis, des témoins n’ont pas été entendus par la FIFA.

Tout a été calculé pour évincer Ahmad puisque en principe le TAS ne devrait pas statuer aussi vite. Il a réparé une injustice flagrante. Ahmad pourra donc se défendre pour sauver son honneur mais surtout pour sauver celui du pays. Beaucoup l’ont traité de tous les noms lorsque la sentence de la FIFA était tombée. Il est vrai que son nom ne peut pas être dissocié de celui de Madagascar et de ses dirigeants qui l’ont toujours soutenu dans cette épreuve. S’il était coupable, c’est tout le pays qui se couvre d’affront et se sent honteux. On espère qu’il sera lavé de tout soupçon et qu’il pourra terminer son mandat avec tous les honneurs. Qu’il puisse se représenter ou pas, l’essentiel est qu’il laisse ses empreintes à la CAF et qu’on retiendra de lui comme l’homme des innovations qui a porté à vingt quatre le nombre des pays participants à la Can. Du coup, les Barea ont pu se qualifier après avoir échoué deux fois au port. Il n’en a jamais revendiqué la paternité.

Il faut dire que le mandat d’Ahmad a été compliqué depuis le début. Son élection n’a pas fait la joie de l’aristocratie du foot africain. Il fallait être sacrément costaud pour pouvoir déloger une mastodonte comme le Camerounais Issa Hayatou. Un véritable coup d’État que les anciens barons de la CAF ont eu du mal à admettre. Comment un petit malgache dont le pays ne s’est jamais qualifié pour une phase finale ni de la CHAN encore moins de la CAN peut-il battre un hippodrome comme Hayatou. C’est juste inadmissible. Une victoire qui était également celle du pays, du sport en général. Ahmad était le premier malgache à occuper un tel poste, à la CAF de surcroît. Les coups tordus ont ainsi commencé à partir de cet instant.

Qu’on le veuille ou non et quoiqu’il puisse être ses défauts, il faut dire qu’Ahmad aime profondément son pays et son équipe. Ses efforts pour le développement du foot n’ont pas été souvent assortis de résultats mais on lui doit plusieurs infrastructures , des formations, des championnats nationaux réguliers et surtout une présence assidue aux compétitions internationales sans bénéficier d’un kopeck de l’État. Et dire qu’on l’accuse de détournement et de corruption

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