Editorial

Grosses têtes

Une dem-ouverture. On peut dire que le président de la République a vraiment ouvert le gouvernement aux jeunes et aux technocrates, comme il l’avait annoncé. Dix membres du gouvernement sont nouveaux dont une majorité de jeunes. Les CV des heureux élus sur les quatre cent soixante postulants ont de quoi laisser baba. Ils ont également une solide expérience dans leur domaine d’intervention. Reste à voir ce qu’ils ont dans le ventre puisqu’on sait que ce sont toutes des grosses têtes aussi bien les jeunes que les deux vieux chevaux de l’équipe.

Andry Rajoelina s’est débarrassé des mauvaises branches qui ont constitué un grain de sable dans le moteur empêchant le TGV d’atteindre sa vitesse de croisière. En un an, les résultats sont loin de correspondre aux promesses qu’il a faites. Les rectifications
apporteront-elles les résultats escomptés? On reconnaîtra l’artisan à l’œuvre.

Et si ce n’était pas tous ceux qui ont été remerciés le ventre mou du gouvernement ? Andry Rajoelina a gardé intacte l’ossature politique du gouvernement en reconduisant treize ministres pour ne pas désavouer complètement ses compagnons de galère, ses frères d’armes. Ils ne sont pourtant pas exempts de tout reproche et certains ont été l’auteur de bourde qui ternit l’image du gouvernement.

Comment le gouvernement de Christian Ntsay va-t-il fonctionner avec cette disparité entre techniciens purs et durs et techniciens métissés à la politique ? Il faut qu’il trouve une cohérence pour ne pas rouler à deux vitesses. Ce n’est pas le plus facile avec plusieurs personnalités qu’il faut gérer, différents caractères qu’il faut dompter. Entre vouloir et pouvoir, il y a souvent loin de la coupe aux lèvres. De grands techniciens bardés de diplômes et truffés d’expérience dans une carrière ailleurs se sont cognés contre le mur dans le premier gouvernement, face aux réalités du terrain et des difficultés insurmontables par la seule volonté et à coup de bonne foi. Un CV bien rempli s’avère complètement inutile devant un robinet asséché ou un interrupteur sans alimentation. Le problème n’est pas une question de méninge mais de sous. Dans cette circonstance, il n’y a pas de différence entre une grosse tête et un sous- doué. Pour conduire un bulldozer, il ne faut pas chercher un cosmonaute.

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