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Editorial

Faim sans fin

Le kere dans le Sud revient à l’actualité. Tous les efforts consentis pour éradiquer cette faim éternelle semble vains jusqu’ici. Pire, kere s’est étendu à d’autres localités selon certaines informations dans le Sud-est en particulier à Ikongo où on aurait déploré des morts. Des enfants auraient succombé après plusieurs jours de diète inévitable le jour où une distribution de riz a lieu.

La triste nouvelle ne préoccupe visiblement pas les autorités ou les entités concernées. Aucune mobilisation n’est pour le moment pas actionnée.

Les gens bouffent ce qui leur tombe sous la dent quitte à payer de leur vie. Qu’ils mangent ou pas le destin est le même pour eux. La plupart consomment des racines de plantes toxiques et mortelles. Ils n’ont pas le choix et la réalité n’est pas prête de changer.

Le kere constitue une manne pour certains profiteurs sans vergogne. À preuve, les bailleurs de fonds traditionnels et les partenaires internationaux de l’État ont alloué des fonds énormes pour venir à bout du kere.

Des centaines de millions de dollars ont été affectés pour mettre fin définitivement à cette famine récurrente dans une région productrice mais le fait est que rien ne change. Les problèmes restent entiers et le décor est figé, immuable d’une année à l’autre avec des enfants squelettiques, des êtres fantomatiques comme s’ils revenaient d’un camp de concentration.

Le Sud ne devrait pas se trouver dans cette situation si tout cet argent avait été utilisé à bon escient. Le dernier Conseil des ministres s’est penché sur ce problème et a conclu que certaines structures que l’État a mis sur place ne fonctionne pas comme il faut à l’image du pipeline. La société chargée de le gérer a montré ses limites et l’État a décidé de chercher un nouveau partenaire compétent et efficace.

Le manque d’eau, l’insuffisance de la pluie sont les principales causes de cette grosse famine. Le bidon d’eau s’achète à prix d’or dans certaines localités et les gens doivent faire plusieurs kilomètres pour en trouver.

Cela fait plusieurs années qu’il n’a pas plu à certains endroits à cause du réchauffement climatique. Il n’y a aucune production. La population se trouve sans la moindre ressource. La dessalement de l’eau de mer est une solution réaliste pour palier la sécheresse mais le projet proposé par un chercheur n’aurait pas convaincu les décideurs. C’est pourtant la solution idoine pour permettre à la population de produire de nouveau et avoir de quoi manger. En définitive de mettre fin à cette faim qui traverse les républiques et les régimes avec la même acuité. Carême et ramadan ont lieu tous les jours que Dieu fait. Ils ne trouvent pas de récompense à leur dévotion pour le moment.

1 commentaire

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  • Le dessalement de l’eau de mer est d’une pertinence absolue en effet.
    Madagascar est une île, elle est très ensoleillée dans le sud comme dans d’autres endroits, deux facteurs qui légitimeraient à eux seuls la réalisation d’unités de dessalement de dimension adaptée.
    Ces dernières revêtent un autre avantage, elles sont assorties d’un retour sur investissement assuré par la vente de l’eau (eau potable et d’irrigation) et de l’électricité produites. Des critères censés retenir l’adhésion et l’engagement des bailleurs internationaux en contrepartie d’engagements officiels les garantissant.
    Enfin c’est le côté inépuisable de la source qui devrait retenir l’attention.