Editorial

Stock ou encore ?

Après le coup de semonce du Président contre les pétroliers, les sanctions sont tombées pour les présumés coupables en l’occurrence la Logistique Pétrolière S.A, les compagnies Total et Shell frappées d’une amende pour avoir été responsable de la pénurie de carburant qui a secoué le pays la semaine dernière. D’autres mesures ont été prises pour que cette situation ne se reproduise plus à l’image de la construction de nouveaux dépôts, l’amélioration de la distribution et surtout l’importation directe de produits pétroliers par l’État.

Toutes ces mesures peuvent -elles garantir qu’il n’y aura plus de pénurie ? Rien n’est moins sûr.

À y voir de plus près, on constate que toutes les parties sont coupables dans cette affaire. Si les pétroliers n’ont pas respecté le cahier de charges en particulier l’obligation de constituer un stock de vingt et un jours, c’est qu’ils n’avaient peut-être plus la possibilité. Depuis que le prix est gelé par l’État, les compagnies pétrolières accusent un important manque à gagner qui impacte sur leur trésorerie. Du coup il fallait trouver un équilibre pour pouvoir continuer à fonctionner dont peut-être la réduction du nombre de jour de stock. D’ailleurs le Groupement des Pétroliers de Madagascar avait envoyé une lettre d’avertissement au ministère de tutelle le prévenant d’une éventuelle perturbation de la distribution. Tout est donc question d’arithmétique élémentaire entre coup de revient et prix de vente.

Maintenant l’État a décidé d’importer directement des produits pétroliers en invitant les compagnies pétrolières à répondre à l’appel d’offres y afférent. Est-ce à dire que la licence d’importation de ces compagnies a été retirée? Si ce n’est pas le cas on les voit mal souscrire à l’appel d’offres. Si c’est le cas, il s’agit d’un retour aux affaires de l’État et d’une remise en cause de la libéralisation. On voit déjà d’ici les réactions des principaux bailleurs de fonds qui sont farouchement contre une intervention de l’État et les subventions.

Autre point d’interrogation, qui va distribuer les produits importés par l’État si les compagnies pétrolières ne mettent pas leurs infrastructures à disposition surtout celles qui ont été sanctionnées ?

Il est clair que les pétroliers ne vont pas laisser la proie pour l’ombre. S’ils sont restés inflexibles sur une baisse de 500 ariary du prix du sans plomb comme l’État l’avait escompté, c’est qu’ils sont prêts à aller jusqu’au bout. Et ce n’est pas cette amende symbolique qui va les intimider. L’enjeu et de taille et le problème ne se résume pas à une quantité ou à un nombre de jours suffisant de stock, c’est juste un commerce qui ignore souvent des impératifs sociaux ou des obligations politiques. Dans tous les cas , ce sont toujours les usagers qui se font pomper.

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