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CHANGE – L’euro passe sous la barre des 4 000 ariary

Depuis hier, l’Euro s’échange à 3 980 ariary.

De presque 5 000 ariary au début de l’année, l’euro est passé à moins de 4 000 ariary hier sur le Marché Interbancaire de Devises (MID).

Une cotation historique. Mais compréhensible. L’euro ne valait plus que 3 980 ariary hier à la clôture de la séance du Marché interbancaire de devises, MID. Alors que le dollar a été vendu à 4 180 ariary, soit 34 points de plus que la veille. C’est la première fois depuis des mois que la monnaie européenne est tombée aussi bas sur l’échelle des valeurs transactionnelles des changes. Au début de l’année, l’euro a effleuré les 5 000 ariary. Des valeurs indicatives non-respectées dans les changes au noir en toute quiétude. Où l’euro pouvait se passait d’une main à l’autre à 3 800 ariary.

Selon Henri Rabarijohn, gouverneur de la Banque centrale, dans ses dernières estimations, « l’ariary, ces huit derniers mois a gagné 3,7% sur l’euro et a été dévalué de 8,7% sur le dollar ». Deux pôles qu’il pensait être « moins signifiant que dans d’autres pays comme l’Afrique du sud ».

Deux conséquences peuvent découler de ces variations monétaires ubuesques, dans un sens inverse. Les valeurs des exportations en euros, convertis en ariary , pour faire simple pourraient se dévaluer.

Paramètres exogènes

Alors que les coûts des importations en dollars pourraient augmenter. Il est à signaler que cette déroute de l’euro face au dollar, avec des effets induits négatifs sur l’ariary, a été provoquée par la stratégie adoptée par la réserve fédérale américaine, Fed, qui a augmenté de façon graduelle ses taux directeurs. Et par la menace incessante proférée par la Russie de mener une guerre nucléaire en Ukraine. Donc, elle ne peut pas provenir d’une quelconque performance de l’économie malgache. Ce sont des paramètres exogènes qui échappent aux mesures prises par les autorités locales. Il se peut que la prochaine mission de revue de la Facilité élargie de crédit, FEC, du Fonds monétaire international, FMI, conduite par Frédéric Lambert, qui vient d’achever ce jour les préparatifs de cette échéance, tienne compte de cet aspect monétaire du cadrage macro-économique.

Dans ses appréciations, le FMI a déjà prescrit que la Banque centrale devait se tenir prête à juguler une envolée inflationniste qui se trame. Par ses outils financiers. Un taux d’inflation de 9,8% en glissement annuel a été évoqué par le FMI d’ici la fin d’année. Contre moins de 6,8% au début de l’exercice en cours. Les perturbations du commerce mondial, consécutives aux séquelles de la crise sanitaire et suite aux déflagrations économiques et financières de la guerre en Ukraine, ont conduit à ces prévisions pessimistes. Même avec le recul important des cours du baril du pétrole, de 120 à 80 dollars, rien ne permet d’avoir des certitudes sur l’avenir à court terme de la relance de l’économie mondiale.

De qui dépendrait celle de Madagas­car. Ceci étant, l’économie malgache, toujours sous l’œil vigilant des experts du Fonds monétaire international, FMI, devrait encore se soumettre à certaines conditionnalités pour espérer retrouver le chemin de la croissance qui devrait stagner cette année à 4,2% en termes réels du Produit intérieur brut, PIB. Trop lente pour dépasser celui de la pauvreté qui touche dans les 78% de la population. Vivant dans la précarité absolue.

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