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Editorial

Chômage, modes d’ emploi

Une décision sage et sensée. Celle du président de la République Andry Rajoelina, et du Premier ministre Christian Ntsay de recréer le ministère de l’Enseigne ment technique et de la formation professionnelle, dissocié de celui de l’Éducation nationale. Un acquis lors de la formation des précédents gouvernements, mais délaissé au nom de l’austérité budgétaire. Car, il est évident que les projets de la future émergence économique de Madagascar auraient besoin de techniciens aptes, prêts à répondre aux exigences multiples du marché de travail placé sous le sceau des progrès des nouvelles technologies.

Bien plus utiles que des lunatiques philosophes ou des historiens plongés dans le passé décomposé d’un futur antérieur. Il ne s’agit pas de l’opprobre jeté sur ces filières littéraires mais un constat dicté par les réalités qui prévalent. Durant cette crise sanitaire, les métiers liés ou dérivés des télécommunications ont plus ou moins résisté à la vague déferlante du coronavirus. Le télétravail a pris une autre dimension. Une des solutions pour faire tourner les entreprises par l’arrêt des transports publics. Même avec les coûts élevés des connexions, cette démarche connaît aujourd’hui ses heures et ses jours de gloire.

Par exemple, les fournisseurs d’accès aux visioconférences réalisent de gros chiffres d’affaires. De nombreux pays ont adopté cette discussion à distance pour leurs Conseils des ministres et de gouvernement. Mêmes les honorables Nations unies pour leur 75ème anniversaire n’ont pas pu échapper à cette configuration. Les interventions des représentants des pays membres sont diffusées sur écran géant. Devant un parterre sans audience de la majestueuse salle de réunion de l’Assemblée générale. C’est pour dire si l’avenir serait entre les mains de ceux qui sont en avance sur leur temps.

D’où l’importance de l’enseignement technique et la formation professionnelle. Selon des statistiques officielles, 300 000 jeunes en quête d’emploi vont prendre d’assaut le marché du travail d’ici la fin d’année. Après les désastres et les dégâts causés par la crise sanitaire, consécutive à la pandémie du coronavirus, il est peu probable que tous les éléments de cette armée de bonne volonté, puissent être engagés. Des entreprises, prises à la gorge par les mesures restrictives et astreignantes de l’état d’urgence sanitaire, ont plutôt opté pour l’envoi au chômage technique de leurs salariés.

Il est peu probable qu’elles aillent aussitôt recruter à tour de bras. Leur situation, selon toute vraisemblance, resterait précaire pour quelques années encore. Le Premier ministre Christian Ntsay a eu un certain cran de révéler au monde entier dans son allocution devant le « fantôme des Nations unies » que 825 millions de dollars ont été affectés au Plan de relance économique à Madagascar.

Alors qu’Air France, à elle seule, a bénéficié de 4 milliards d’euros, subventions de l’État français, et 3 autres de la part des banques associées sous forme de prêts. Comparaison n’a jamais été une raison, mais ces trois chiffres suffisent à mesurer le fossé qui sépare une puissance économique et un pays en voie de sous- développement. Face au coronavirus, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

Pour les jeunes Malgaches en proie au chômage à durée indéterminée, leur salut proviendrait de ces financements des projets de création d’entreprise. L’un d’eux a publié un bilan plus qu’encourageant. Un vent de l’initiative entrepreneuriale souffle au pays.

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