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Chronique

Association «Trano Gasy 60-133»

La  Tranobe  des  Rajaonarivelo  à  Fandriana.

Un laboratoire de recherches existe à l’Université d’Antananarivo, qui réunit enseignants, doctorants et masterisants, autour du thème de l’architecture dont, naturellement, le Trano Gasy. La Ville d’Antananarivo a initié un concours, «Ny Foko sy ny Taniko», qui devait, par un récit historique de chaque quartier de la Capitale, inventorier également les témoignages remarquables du passé, dont les Trano Gasy et les Tamboho gasy. Et il y a donc ces étudiants qui mettent la Trano Gasy au coeur de leurs travaux à l’île Maurice, à Nantes ou à La Villette.

J’ai déjà raconté ici les débuts d’un chantier qui surplombe la plaine de Mahamasina et qui comprend la récupération-restauration d’un Trano Gasy (« Écho à plaidoyer Trano Gasy », 23 juillet 2021). Et quel plaisir j’ai pris à disserter sur le magnifique complexe architectural traditionnel de HdH à Nanisana-Analamahitsy (« Merci, HdH », 1er juillet 2022).

Le village ancien d’Ambatomanga, une trentaine de kilomètres à l’Est d’Antananarivo, comme le plus récent complexe gasy-gasy du Tana Waterfront à Ambodivona, ou les Trano Gasy en bord de route principale à Fenoarivo, sont un enchantement pour le regard.

Rendons hommage au travail de conservation-restaurationvalorisation mené par la Fondation Heritsialonina sur la Ville-Haute de Fianarantsoa : « Antananambony est le seul ensemble historique et architectural en milieu urbain qui ait gardé son caractère originel du XIXème siècle », comme le souligne Jimson Heritsialonina. Il faut également dire merci à toutes ces familles de Fandriana : la renommée de leurs imposants Trano Gasy dépasse depuis longtemps les frontières de l’Amoron’i Mania. Sans oublier Sandrandahy, dont la grande rue sur le chemin de l’oubliée RN41, est une revue de Trano Gasy à la parade.

Le long de la RN7, une fois Antananarivo et ses modernismes hasardeux au loin, chaque localité traversée se signale par ses Trano Gasy les plus remarquables. Plus éloignées de la route, à flanc de colline, cette architecture traditionnelle se fond dans le paysage tant elle semble une émanation verticale naturelle de la terre dont elle épouse la couleur. Sur quatre centaines de kilomètres, ils sont des milliers d’anonymes, conservateurs d’un musée vivant, qui habitent très banalement dans l’architecture caractéristique qui fait les cartes postales des Hautes terres centrales depuis plus d’un siècle.

Il y eut « Mon plaidoyer Trano Gasy » (17 mai 2021), mais sous la dernière Chronique (« Ma religion laïque de la Trano Gasy », 25 août 2022), énième alerte tant il y a désormais urgence («Alerte architecturale sur les douze collines», 11 octobre 2021), la réaction des lecteurs réconcilie avec le genre humain. Alors, oui, après « Antso avo hiasa miaraka ho an’ny Tantara » (15 janvier 2021) et « Firy izahay raha isika» (26 mars 2021), la séquence solitaire peut entamer la seconde étape plus collective d’une association : « Trano Gasy 60-133 », du nom de l’ordonnance du 3 octobre 1960 sur les associations, dont la raison d’être demeure la sauvegarde des Trano Gasy et du patrimoine bâti adventice.

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