Le maire de la commune rurale de Vohimasy dresse un bilan plutôt positif de son mandat. Il évoque, en même temps, la difficulté d’administrer une commune rurale. C hanger la mentalité des habitants. C’est dans ce difficile défi que s’est lancé le maire de la commune de Vohimasy, dans le district de Farafangana. Commissaire divisionnaire à la retraite, il est persuadé que cette mentalité est une entrave au développement de la commune rurale qu’il administre. « La majorité des habitants de la commune sont réticents aux changements et aux innovations. Je prends, pour exemple, la technique culturale. Des techniciens interviennent auprès des paysans pour les aider à améliorer leur récolte. Mais c’est un travail de dur labeur. Beaucoup refusent d’appliquer les techniques modernes. Parlons aussi des doses de déparasitage distribuées gratuitement. Certaines personnes véhiculent des messages négatifs, incitant les gens à ne pas les prendre. Et la sensibilisation contre la défécation à l’air libre est un vrai parcours de combattant. L’habitude est ancrée en eux, c’est ainsi que la diarrhée a touché un nombre assez d’habitants », détaille ce maire. Il précise que le très faible niveau de scolarisation de la population explique ce phénomène. Très peu de gens sont instruits à Vohimasy. Insatisfait Malgré ces obstacles, Tsitoara n’a pas lâché prise. En trois ans, il a soutenu les diverses sensibilisations qui visent à changer le comportement et la mentalité des gens. Il a intégré l’histoire de la commune, grâce aux changements qu’il y a apportés. «Si vous circulez sur la route qui mène vers Vondrozo, vous pouvez apercevoir des champs de culture exploités d’après les techniques modernes. Et la production commence à s’améliorer. La défécation à l’air libre a, par ailleurs, connu une baisse considérable. À l’heure actuelle, elle n’est constatée que dans quelques villages, la plupart des ménages ayant construit des latrines. La salubrité commence, ainsi, à s’installer », cite-t-il comme exemple. Le premier magistrat de cette commune rurale aurait souhaité faire mieux. « Certes, nous avons obtenu des résultats, les comportements changent petit à petit, des infrastructures ont été réalisées. Mais je ne suis pas tout à fait satisfait», regrette-t-il. D’après lui, développer une petite commune rurale n’est pas évident, avec le manque de moyens financiers, de capital humain, ou encore à cause de la difficulté d’exploitation des ressources locales et les faibles redevances. Bien que cette commune du Sud-Est soit un bon producteur de litchis, les bénéfices n’entrent pas dans les caisses communales. «Les recettes de la commune sont insuffisantes : elle proviennent des droits et des taxes perçus par la délivrance de papiers administratifs comme les actes de naissance, les certificats de vie, ainsi que les ristournes. Les subventions n’ont pas servi à grand-chose, juste de quoi payer les salaires des employés communaux. Et le pourcentage de contribuables qui s’acquittent de leurs impôts fonciers est également très faible, 5% tout au plus», indique-t-il. Des associations avaient sollicité Tsitoara à se présenter aux dernières élections communales,. « J’ai accepté car je voulais contribuer au développement », lance-t-il. Tsitoara renonce, toutefois, à un deuxième mandat dans cette petite commune, située à 10 kilomètres de la ville de Farafangana. « Je vais vivre dans cette ville et il me sera difficile de continuer à administrer Vohimasy. C’est mon adjoint qui se présentera aux prochaines communales », indique-t-il. Il n’abandonne pas, pour autant, ses ambitions d’apporter du développement. A 67 ans, Tsitoara veut encore apporter ses compétences et son savoir-faire. Hausse du nombre d’enfants scolarisés Le mandat de Tsitoara a été marqué par la construction de plusieurs infrastructures scolaires. Neuf salles de classe sont sorties de terre ces trois dernières années, pour compléter celles, insuffisantes, des écoles primaires publiques de Vohimasy. Une aubaine pour cette commune où le taux de scolarisation est faible. « Le nombre des enfants scolarisés a augmenté, grâce à ces nouvelles infrastructures », fait-il remarquer. Mais il reste encore beaucoup à faire dans le domaine de l’éducation. Le niveau des élèves y est très faible, à cause de l’insécurité. Le taux de réussite à l’examen du CEPE n’était, par exemple, que de 10% l’an passé. Bonne gouvernance En raison de la bonne gouvernance du budget de la commune pendant le mandat de Tsitoara, Vohimasy a bénéficié d’un Fonds de développement local avec lequel le marché communal a été rénové. « L’objectif a été d’éviter, dorénavant, le déplacement des habitants, à majorité paysans, jusqu’à Farafangana pour écouler leurs produits ou pour faire leurs achats », explique le maire. Le hic, c’est que la plupart des habitants de Vohimasy sont devenus des commerçants avec la création de ce grand marché. « Il n’y a pas vraiment de bénéfices pour eux. On espère que, plus tard, les marchands ambulants de Farafangana viennent à Vohimasy acheter les produits de ces paysans », souhaite le maire Tsitoara. Dormir dans les champs de caféiers En 2018, l’insécurité gagnait du terrain dans la commune de Vohimasy. Ses habitants ont été contraints de dormir dans les champs de café, pendant que les malfaiteurs attaquaient leurs villages pour razzier leurs zébus. «Aucun élément des forces de l’ordre n’était présent dans notre commune auparavant. Nous attendions toujours l’intervention de la Gendarmerie de Farafangana. Ce n’est que maintenant que nous disposons d’un poste fixe. Il faut dire que grâce à la présence de ces hommes en tenue, ainsi qu’aux tours de garde effectués par les villageois, l’insécurité a diminué et les gens peuvent dormir, en toute sécurité, sous leurs toits », souligne ce maire. Les habitants de la commune se sont mis d’accord pour que ceux qui séjournent dans le village, doivent se munir d’un carnet de visiteur. Ce, pour éviter que des malfaiteurs n’y soient hébergés. Sans ce carnet, leur hôte est obligé de fournir un zébu, en guise de sanction.
Le maire de la commune rurale de Vohimasy dresse un bilan plutôt positif de son mandat. Il évoque, en même temps, la difficulté d’administrer une commune rurale. C hanger la mentalité des habitants. C’est dans ce difficile défi que s’est lancé le maire de la commune de Vohimasy, dans le district de Farafangana. Commissaire divisionnaire à la retraite, il est persuadé que cette mentalité est une entrave au développement de la commune rurale qu’il administre. « La majorité des habitants de la commune sont réticents aux changements et aux innovations. Je prends, pour exemple, la technique culturale. Des techniciens interviennent auprès des paysans pour les aider à améliorer leur récolte. Mais c’est un travail de dur labeur. Beaucoup refusent d’appliquer les techniques modernes. Parlons aussi des doses de déparasitage distribuées gratuitement. Certaines personnes véhiculent des messages négatifs, incitant les gens à ne pas les prendre. Et la sensibilisation contre la défécation à l’air libre est un vrai parcours de combattant. L’habitude est ancrée en eux, c’est ainsi que la diarrhée a touché un nombre assez d’habitants », détaille ce maire. Il précise que le très faible niveau de scolarisation de la population explique ce phénomène. Très peu de gens sont instruits à Vohimasy. Insatisfait Malgré ces obstacles, Tsitoara n’a pas lâché prise. En trois ans, il a soutenu les diverses sensibilisations qui visent à changer le comportement et la mentalité des gens. Il a intégré l’histoire de la commune, grâce aux changements qu’il y a apportés. «Si vous circulez sur la route qui mène vers Vondrozo, vous pouvez apercevoir des champs de culture exploités d’après les techniques modernes. Et la production commence à s’améliorer. La défécation à l’air libre a, par ailleurs, connu une baisse considérable. À l’heure actuelle, elle n’est constatée que dans quelques villages, la plupart des ménages ayant construit des latrines. La salubrité commence, ainsi, à s’installer », cite-t-il comme exemple. Le premier magistrat de cette commune rurale aurait souhaité faire mieux. « Certes, nous avons obtenu des résultats, les comportements changent petit à petit, des infrastructures ont été réalisées. Mais je ne suis pas tout à fait satisfait», regrette-t-il. D’après lui, développer une petite commune rurale n’est pas évident, avec le manque de moyens financiers, de capital humain, ou encore à cause de la difficulté d’exploitation des ressources locales et les faibles redevances. Bien que cette commune du Sud-Est soit un bon producteur de litchis, les bénéfices n’entrent pas dans les caisses communales. «Les recettes de la commune sont insuffisantes : elle proviennent des droits et des taxes perçus par la délivrance de papiers administratifs comme les actes de naissance, les certificats de vie, ainsi que les ristournes. Les subventions n’ont pas servi à grand-chose, juste de quoi payer les salaires des employés communaux. Et le pourcentage de contribuables qui s’acquittent de leurs impôts fonciers est également très faible, 5% tout au plus», indique-t-il. Des associations avaient sollicité Tsitoara à se présenter aux dernières élections communales,. « J’ai accepté car je voulais contribuer au développement », lance-t-il. Tsitoara renonce, toutefois, à un deuxième mandat dans cette petite commune, située à 10 kilomètres de la ville de Farafangana. « Je vais vivre dans cette ville et il me sera difficile de continuer à administrer Vohimasy. C’est mon adjoint qui se présentera aux prochaines communales », indique-t-il. Il n’abandonne pas, pour autant, ses ambitions d’apporter du développement. A 67 ans, Tsitoara veut encore apporter ses compétences et son savoir-faire. Hausse du nombre d’enfants scolarisés Le mandat de Tsitoara a été marqué par la construction de plusieurs infrastructures scolaires. Neuf salles de classe sont sorties de terre ces trois dernières années, pour compléter celles, insuffisantes, des écoles primaires publiques de Vohimasy. Une aubaine pour cette commune où le taux de scolarisation est faible. « Le nombre des enfants scolarisés a augmenté, grâce à ces nouvelles infrastructures », fait-il remarquer. Mais il reste encore beaucoup à faire dans le domaine de l’éducation. Le niveau des élèves y est très faible, à cause de l’insécurité. Le taux de réussite à l’examen du CEPE n’était, par exemple, que de 10% l’an passé. Bonne gouvernance En raison de la bonne gouvernance du budget de la commune pendant le mandat de Tsitoara, Vohimasy a bénéficié d’un Fonds de développement local avec lequel le marché communal a été rénové. « L’objectif a été d’éviter, dorénavant, le déplacement des habitants, à majorité paysans, jusqu’à Farafangana pour écouler leurs produits ou pour faire leurs achats », explique le maire. Le hic, c’est que la plupart des habitants de Vohimasy sont devenus des commerçants avec la création de ce grand marché. « Il n’y a pas vraiment de bénéfices pour eux. On espère que, plus tard, les marchands ambulants de Farafangana viennent à Vohimasy acheter les produits de ces paysans », souhaite le maire Tsitoara. Dormir dans les champs de caféiers En 2018, l’insécurité gagnait du terrain dans la commune de Vohimasy. Ses habitants ont été contraints de dormir dans les champs de café, pendant que les malfaiteurs attaquaient leurs villages pour razzier leurs zébus. «Aucun élément des forces de l’ordre n’était présent dans notre commune auparavant. Nous attendions toujours l’intervention de la Gendarmerie de Farafangana. Ce n’est que maintenant que nous disposons d’un poste fixe. Il faut dire que grâce à la présence de ces hommes en tenue, ainsi qu’aux tours de garde effectués par les villageois, l’insécurité a diminué et les gens peuvent dormir, en toute sécurité, sous leurs toits », souligne ce maire. Les habitants de la commune se sont mis d’accord pour que ceux qui séjournent dans le village, doivent se munir d’un carnet de visiteur. Ce, pour éviter que des malfaiteurs n’y soient hébergés. Sans ce carnet, leur hôte est obligé de fournir un zébu, en guise de sanction.