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Chronique

Ouvrage d’art versus marquage au sol

Une seule chose est certaine: il fallait faire quelque chose pour essayer de soulager les interminables embouteillages de l’axe Analakely-Behoririka-AntanimenaAnkorondrano.

Antanimena n’a pas toujours été ce rond-point: dans les années 1990, un jardin existait devant le collège ESCA dont les voitures faisaient le tour. Dans les années 1970, sans doute qu’on y circulait encore plus différemment. La circulation automobile, c’est-à-dire le nombre d’automo­- biles en circulation, n’était pas le même en 1970, 1990 et 2020. Un aménagement routier n’a pas vocation à se figer sur un schéma, d’autant que plusieurs adjonctions de voies ont considérablement surchargé le flux en amont du carrefour d’Antanimena.

«Avant», l’axe Pochard-Vassacos n’était pas à deux fois deux voies. «Avant», la route des hydrocarbures n’était pas ce boulevard automobile. «Avant», aucune rocade ne conduisait depuis la route digue sur l’Ikopa directement à Ankorondrano. «Avant», aucune rocade depuis le lointain bypass ne débouchait sur le même Ankorondrano. «Avant», aucune rocade dans le Laniera ne donnait la tentation de se ruer toujours sur Ankorondrano pour emprunter l’axe Tsarasaotra-Ivato. Tous ces nouveaux aménagements, en amont et en aval, encombrent chaque jour davantage l’axe vers lequel toutes les voies convergent.

Antanimena était anciennement une butte que l’administration coloniale avait arasée. On peut envisager que le carrefour renoue avec son passé de «relief» et que l’aménagement d’un ouvrage d’art permette à plusieurs routes de se croiser sans «friction»: le gros flux SudNord, depuis Analakely vers Ankorondrano et vice versa, passant par une quadruple voies en dessous de la route portant le flux Ankadifotsy-Ankazomanga et vice versa.

La terre arrachée à Antanimena avait servi à remblayer Soarano, mais il subsiste un «relief» au pied d’Ambondrona, entre les lacs de Soarano (par grosses pluies) et Behoririka. Un fly-over au carrefour de Soarano pourrait permettre que l’axe formidablement rectiligne, depuis le lycée Rabearivelo jusqu’au pied d’Ambohimanarina, enjambe le flux «Petite vitesse» vers Behoririka.

L’idée est que, toujours, les voies se superposent plutôt que de se frictionner. Et ce concept pourrait être transposé en de nombreux goulets d’étranglement de la circulation tananarivienne: Ampasampito, Andravoahangy, Ambanidia, Ankadimbahoaka, Anosizato, Anosipatrana, Ambohibao.

Il y a une dizaine d’années, dans le cadre de la coopéra­- tion avec l’IAU (Institut d’Aménagement et d’Urbanisme d’Île-de-France), le flux automobile sur Analamahitsy avait été scientifiquement monitoré. Des modifications du sens de la circulation se sont succédées sans qu’aucune ne donne entièrement satisfaction: on est arrivé à un consensus du moindre mal sans doute parce que l’on a fait l’économie d’un ouvrage d’art en privilégiant des investissements en marquages au sol.

La critique constructive pourrait se manifester par une modélisation informatique qui simulerait le scenario le plus fluide. À Antanimena ou ailleurs. Il faut faire quelque chose et ce n’est pas la première ni la dernière expérimentation à propos d’un problème qu’affrontent tous les Maires d’Antananarivo depuis vingt-cinq ans.

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