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Editorial

« Maîtrise » de l’inflation

Incroyable mais vrai. Tous les indicateurs macro-économiques clignotent au rouge, envoient des signaux inquiétants. Mais la flambée des prix des produits de première nécessité, PPN, tant redoutée, pour une fois, n’est pas venue au rendez-vous des mauvaises nouvelles. Alors que toutes les conditions sont réunies pour déclencher la valse des étiquettes, rien d’exceptionnel, ni d’alarmant ne se passe sur les étals des épiceries des quartiers.

Ne serait-ce que l’envolée de l’euro sur le baromètre du Marché interbancaire de devises, MID. La monnaie européenne a passé, sans encombre, la barre des 4 400 ariary. Et, elle ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Une fois franchie et dépassée, la ligne de résistance de 4 300 ariary, ce mouvement est parfois irréversible.

Seuls les prix des médicaments ont suivi une courbe ascendante. Au grand dam des contaminés du coronavirus. Et des simples malades. Par contre, ceux du kilo du riz, produits locaux ou importés, s’évoluent dans une relative stabilité. Dans une fourchette de 2 000 à 2 100 ariary. Il s’agit d’un élément principal dans le panier des ménages pour palper et ressentir les fluctuations dans le temps et dans l’espace, des Indices des prix à la consommation, IPM.

Bien sûr, la situation sur l’échelle des valeurs d’autres « denrées de base » entre en ligne de compte. Comme celle des loyers, des services (télécommunications entres autres), de l’eau et de l’électricité, des transports, et bien entendu du carburant. Le gel des prix à la pompe, depuis treize mois maintenant, a contribué, en partie, à ce sursis tout à fait relatif et provisoire pour les consommateurs finaux.

Car tout peut s’emballer à un moment ou à un autre. Les cours du brut sur le marché pétrolier mondial commence à retrouver un peu de couleur. Suite à la reprise des activités économiques en Chine, en Europe et aux États-Unis. Mieux vaut profiter de l’embellie qui s’instaure. Car cela peut « s’évaporer » d’ici peu.

À part cette « aubaine » offerte par les sociétés pétrolières de distribution, des paramètres essentiels entrent aussi en ligne de compte, pour des spécialistes en la matière. À l’instar du faible pouvoir des Malgaches qui détermine de fait les limites à ne pas franchir pour les commerces du détail, par exemple.

Il serait impensable de vendre un poulet gasy bien dodu qu’il soit, à 100 000 ariary l’unité. Comme ce qui s’est passé au Zimbabwe quand Robert Mugabe, dans sa « folie de glandeur », a émis sur le marché financier le dollar zimbabwéen. Une monnaie de pacotille, sans valeur fiduciaire ni libératoire. Mais un symbole fort de la haine viscérale, l’animosité irréductible de l’icône de la guerre d’indépendance, à l’encontre des impérialistes- colonialistes occidentaux.

Le retour à la normalité de la vie risque de chambouler ce fragile équilibre qui a généré des contreparties financières. Les 172 milliards à payer aux pétroliers pour leur accord de maintenir le statuquo actuel, ne seraient alors qu’une partie d’un lourd fardeau à supporter pour les… contribuables que nous sommes.

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