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Assemblée nationale – Echauffourée entre des ministres et les députés

Le  général  Richard  Ravalomanana  n’a  pas  mâché  ses  mots à  l’endroit  des  députés.

Les explications ont failli virer à l’altercation à la Chambre basse, hier. Le ministre de la Justice et le secrétaire d’État à la gendarmerie nationale ont frontalement répliqué aux députés.

Le clash a été évité de peu. Ministres et députés ont haussé le ton, en fin de matinée, à l’Assem­blée nationale, hier. Si les ministres devaient présenter leur rapport d’activité et apporter des réponses aux questions des députés, posées mardi, des charges frontales ont fait bondir des députés de leur siège. Au détour de la présentation de leur rapport d’activité, le général Richard Ravalo­manana, secrétaire d’État à la gendarmerie nationale, et Johnny Andriamahefarivo, ministre de la Justice, en ont profité pour régler quelques comptes avec les membres de la Chambre basse.

Les hostilités ont concrètement démarré lorsqu’il a été question de flagrant délit et immunité parlementaire. Le ministre Andriama­hefarivo a évoqué la notion de flagrance, en dénonçant les contestations de décision de justice par les députés.

« Nous avons appris la notion de flagrance. Si vous avez une autre définition à nous donner, alors faites-le. Vous êtes des législateurs, alors à vous de voir si vous voulez changer les lois. Notre rôle est de les appliquer », fustige-t-il. Il dénonce, également, les accusations publiques « sans preuves » contre les magistrats, et brandit le risque « d’outrage à magistrat ».

Les tacles directs infligés par général Ravalo­manana, ont, toutefois, servi de détonateur. « Nous sommes chargés de traquer et appliquer la loi, autant contre les bandits sur terrain, que ceux en col blanc », lance le secrétaire d’Etat. Durant le face-à-face de mardi, le député Lucien Rakotomalala, a ouvertement accusé que le général Ravalomanana d’avoir une dent contre les députés et ne tenant pas compte de leur immunité.

Trêve

« Si vous n’avez rien à vous reprocher, il ne doit pas y avoir de problème sur ce sujet. Sinon vous avez des craintes, cela pourrait signifier que vous n’êtes pas exempt de tout reproche », assène l’officier général. Il est allé jusqu’à révéler qu’il fut un temps où « des députés étaient de connivence avec des réseaux de malfaiteurs ».

Affirmant défendre « ses gendarmes », l’officier général soutient que les interventions se font dans les règles, notamment, suivant le principe du flagrant délit. Repre­nant les mots du ministre de la Justice, il vilipende, « vous avez le pouvoir de changer la loi si elle ne vous convient pas ». Alors que le général Ravalo­manana était au milieu de sa tirade, des huées commençaient à s’élever de l’assistance.

Le député Idealson, s’est levé pour lui demander plus de « retenue et de respect », dans ses propos. Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale, a, également, dû intervenir pour calmer les humeurs et appeler « à préserver la cordialité », dans les interventions. Acteur incontournable des disputes parlementaires, le député Nicolas Randria­nasolo a vociféré lorsque le général Ravalomanana a parlé des cas des gendarmes emprisonnés pour des faits illégaux.

Ne démordant pas, le secrétaire d’État déclare durant un échange en aparté, « il n’est plus acceptable que des personnalités abusent de leur autorité. J’ai été clair, il n’y aura plus de compromis en cas de flagrant délit. Nous essayons d’assainir nos rangs en imposant la tolérance zéro, alors pourquoi d’autres seraient-ils exemptés de l’application de la loi ? ».

La pause déjeuner a évité que la séance d’hier, se mue en d’âpres altercations verbales. Une fois de retour à la salle des séances, les députés ont tenu une réunion à huis clos, à l’issue de laquelle, le député Paul Bert Velon­tsara, président du groupe parlementaire IRD, a pris la parole au nom des trois groupes au sein de l’Assemblée nationale. Il a tenu une brève allocution de remerciements aux membres du gouvernement présents. Ce qui a clos les débats.

« On peut s’exprimer en gardant le silence », ironise un député à l’issue de la séance. Un autre confie que le discours du député Velontsara, servait à apaiser les tensions. Seulement, bien des frustrations ont été perceptibles à la sortie du Centre de conférence internationale (CCI), d’Ivato. La mésentente reste entière, visiblement. Jusqu’à quand durera la trêve ?

1 commentaire

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  • Je suis entièrement d’accord avec le Général Ravalomanana et le ministre de la justice! Personne n’est au-dessus de la loi. Une perquisition doit se faire le plus tôt possible s’il y a une information concordante et que ça soit en flagrant délit sinon ladite personne suspectée aura le temps de prendre la poudre d’escampette ou bien de cacher les pièces à conviction!!! C’est ainsi qu’il est difficile de surprendre les bandits en col blanc ou dahalo ambony latabatra!
    Courage au Général Ravalomanana et au ministre de la justice!