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Ambanja – Une tendance à la baisse du prix de l’or vert

Vives discussions entre producteurs et collecteurs qui n‘arrivent pas à s’entendre sur le prix de la vanille verte.

Les planteurs de vanille du district d’Ambanja sont dans la ville pour écouler leurs produits verts. Mais jusqu’à hier, les prix font encore l’objet de discussions.

La date du 25 mai a été très attendue par les planteurs de vanille dans le district d’Ambanja. Elle marque l’ouverture officielle de la campagne de collecte et de commercialisation de la vanille verte 2020-2021, notamment dans la zone du Bas-Sambirano. Pour précision, l’ouverture de cette campagne dépend, dans chaque région, de la maturité de la gousse et du taux de vanilline.

Depuis le début de la semaine, la ville d’Ambanja est donc devenue un rendez-vous des planteurs locaux et des opérateurs, des collecteurs, des préparateurs locaux et issus d’autres régions avoisinantes. Pourtant, jusqu’à hier, le prix n’est pas encore fixé à cause d’une mésentente entre les planteurs et les collecteurs. Les deux parties campent sur leurs positions respectives. D’autres acheteurs ont essayé de se servir de la crise sanitaire actuelle pour brader le prix de l’or vert de la région Diana.

Lors de l’ouverture officielle qui s’est tenue dans le fokontany d’Andimaka, dans la commune rurale d’Ambohimena, en présence des autorités régionales, les négociations ont été rudes entre les deux camps. L’écart entre les propositions de prix avancées par les paysans et celles soumises par les acheteurs est assez important. Au début de cette négociation, les collecteurs voulaient acquérir la vanille verte à 25 000 ariary le kilo, alors que les planteurs entendaient vendre leur produit à 300 000 ariary. Le lendemain, le débat s’est poursuivi et le kilo de vanille verte a oscillé entre 80 000 et 220 000 ariary. « Comme d’habitude, les planteurs et les acheteurs se réfèrent au prix initial pour en discuter »,explique le directeur régional de l’industrie et de commerce dans Diana, tout en ajoutant que d’autres paysans ont déjà vendu, mercredi, une grande quantité de leurs produits à raison de 80 000 ariary le kilo.

Pertes possibles

Malgré cet écart, le prix définitif devrait être fixé assez rapidement. Le cours international de la vanille préparée devrait par ailleurs influer sur le prix final. « Pour éviter des pertes comme l’année dernière, nous n’osons pas trop investir trop dans la filière vanille. La crise sanitaire actuelle nous fait peur car tout dépend des expor ta tions. Toutefois, nous sommes obligés d’acheter une telle quantité pour honorer nos engagements vis-à-vis de nos patrons à qui nous avons demandé un acompte pour assurer la collecte », indique un  groupe de collecteurs venant de Mandritsara.

Les planteurs du Sambirano, regroupés au sein d’une Plateforme, sont unanimes pour l’application stricte des mesures sécuritaires mentionnées dans un arrêté régional. Lors de la cérémonie d’ouverture de la campagne, Ioussouf, maire de la commune rurale d’Ambohimena, a saisi l’occasion pour apporter plus d’explications sur le contenu de cet arrêté. Citons, entre autres, l’ouverture périodique des marchés dans les fokontany concernés, la certification des produits sortants par le comité de marché, la numérotation de chaque emballage, l’interdiction des transactions commerciales avec les collecteurs informels… En outre, toutes les gousses disposées en vente sur le marché doivent être strictement poinçonnées.

« L’accès au marché organisé est préalablement subordonné à la présentation du registre d’achat et de la carte d’identification professionnelle de collecteur. Tout planteur de vanille doit être en possession du carnet de planteur », rappelle-t-il. Les contrevenants, planteur et acheteur, acteurs de l’échange, seront tenus à payer respectivement une amende de deux millions d’ariary et de trois millions d’ariary dans la caisse de la commune concernée.