Océan indien

Immigration – Dix huit migrants sri-lankais débarquent à Mayotte

Les migrants sont arrivés à bord de ce boutre, dépourvu de moteur et équipé d’un seul mat de fortune.

Après La Réunion, Mayotte semble devenir une terre d’asile convoitée par les candidats sri-lankais à l’immigration. Dix huit y ont accosté avant-hier matin, à la surprise générale.

Plus qu’habituée aux entrées illégales sur son territoire en provenance des Comores ou d’Afrique de l’Est, Mayotte est également confrontée depuis, avant-hier au phénomène des migrants sri-lankais. Alors que La Réunion a déjà eu à traiter une demi-douzaine d’arrivées de groupes depuis un an, l’île aux parfums enregistre son tout premier débarquement de probables candidats à l’asile en provenance du Sri-Lanka.
Il est 8h45 hier lorsque les gendarmes reçoivent l’alerte. Un bateau de type «boutre», plus grand qu’un kwassa-kwassa mais dépourvu de moteur et équipé d’un seul mât de fortune, vient de s’échouer sur la plage de Bouéni, dans le sud de l’île. Aussitôt, les militaires se portent à sa rencontre et découvrent que ses 18 passagers, probablement de nationalité sri-lankaise, ont déjà mis le pied sur le sable.
Seize hommes et deux femmes sont pris en charge, «apparemment en bonne santé mais visiblement très fatigués», note le chef d’escadron François Bisquert, du groupement de gendarmerie de Mayotte.

Rétention administrative
La brigade nautique de la gendarmerie est sollicitée et se rend sur site avec l’un de ses navires. Il s’agit de convoyer les migrants par la mer jusqu’aux services de la police aux frontières sur Petite-Terre où, après un examen médical individuel, ils devaient voir leur situation administrative examinée.
Selon nos informations, ces migrants étant entrés irrégulièrement sur le territoire devaient être placés au centre de rétention administrative (CRA) en attendant l’examen d’éventuelles demandes d’asile par les fonctionnaires de l’office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA).
Mais ces procédures étaient toujours en suspens hier au soir, étant donnée la difficulté à trouver sur l’île un interprète susceptible de parler leur langue, a priori le tamoule.
Un homme, identifié comme le «capitaine» du navire, pourrait pour sa part faire l’objet d’un «traitement judiciaire adapté» selon le colonel Philippe Leclercq, commandant le groupement de gendarmerie de Mayotte. S’il pourrait avoir à s’expliquer des faits «d’aide à l’entrée irrégulière sur le territoire», son sort était lui aussi suspendu à la présence d’un interprète afin de pouvoir lui notifier ses droits et procéder à son interrogatoire. «Nous devons savoir quel a été leur périple et s’ils sont passés par d’autres pays avant d’arriver à Mayotte», a indiqué le procureur de la République Camille Miansoni.
C’est la première fois que Mayotte se trouve confrontée au phénomène de la migration sri-lankaise, que commencent à bien connaître les autorités réunionnaises avec deux cent soixante treize cas traités depuis mars 2018. Il va s’agir de savoir ce qui a poussé ces migrants vers l’île française du canal du Mozam­bique, distante de 4 500 km de leur point de départ. La Réunion est en effet moins éloignée, à 4 000 km de l’ancienne Ceylan.
© JIR