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Désorganisation de la filière coton – Emprisonnement envisagé pour les hors-la-loi

La filière Coton a grandement besoin de nouvelles balises juridiques pour mieux  se développer.

Des sanctions plus sévères sont attendues s’appliquer aux exploitants à forte tête qui corrompent la filière coton dans la région Sud-ouest.

 

Mandat de dépôt et emprisonnement. C’est le genre de pénitence envisagé par le Conseil interprofessionnel du coton (CIC) dans la région Sud-ouest, à l’endroit de ceux qui outrepassent la loi. Un exploitant, n’ayant obtenu ni un agrément de production ni une quelconque autorisation de collecte a dicté sa loi en collectant du coton à l’ouverture de la campagne au début de ce mois. Des sources locales de Belintsaka et d’Ampasikibo dans le district de Toliara II affirment que cet exploitant a quand même envoyé des camions et des mercenaires ramasser des cotons moyennant des offres de prix aux producteurs, largement au dessus de ce que ces derniers ont contracté avec des sociétés agrémentées. «Les forces de l’ordre ont été snobées par cet exploitant mais ses camions ont pu quand même être arrêtés », indique une source auprès de la région Sud-ouest.
L’exploitant a tout de même réussi à collecter durant trois semaines. Les camions ont été relâchés la semaine dernière. L’arrêté interministériel actuel portant organisation de la filière coton ne permet au CIC qui est en charge de régulation de la filière coton de prononcer des sanctions administratives même s’il dispose d’un droit de regard sur les accords interprofessionnels conclus en matière cotonnière. « Nous aimerions vraiment aller loin dans la répression tellement les violations de la loi régissant cette filière s’aggravent. Nous envisageons déjà cette possibilité, en collaboration avec les autorités locales et surtout du ministère de l’Agriculture. Les plaintes que nous déposons à l’endroit des hors-la loi deviennent fréquemment lettres mortes. C’est la force de la corruption », explique un membre du CIC.

Usuriers
L’année dernière, la filière n’a produit que 2000 tonnes alors que quelques 9000 tonnes ont été envisagés. « Le phénomène de « Kilaboly » des usuriers est le principal problème de la filière. Les trois sociétés agrémentées se retrouvent dans l’impasse à chaque campagne. Leurs investissements dans la production, l’achat des pesticides, le renforcement de capacité se perdent car d’autres, se disant acteurs viennent acheter plus cher que ce qui est stipulé dans le contrat de la société avec les producteurs », détaille Solo Narivony, formateur au sein d’une ONG locale. Le prix plancher convenu entre les sociétés et les producteurs est de 1300 ariary le kilo. Les usuriers informels osent l’acheter à 1 600 ariary. Les prévisions de collecte des sociétés se retrouvent ainsi faussées et les pertes sont inestimables. « Le partenariat avec le projet PIC est axé sur le renforcement de capacité technique des producteurs, sur la qualité, car les semences se dégénèrent. L’État ne peut que renforcer les textes et lois régissant la filière. Mais il appartient aux opérateurs exploitants de trouver un commun accord dont ils s’engagent à respecter », explique Lucien Ranarivelo, ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche.

 

1 commentaire

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  • 300 ariary de plus pour monopoliser la filière coton, et ce sans avoir investi dans sa culture. Concurrence déloyale. Il n’y a pas de loi à inventer pour l’arrêter et l’obliger à indemniser les investisseurs initiaux et volontaires, à remercier par la nation malgache.

    Il est aussi à se demander la source financière de l’acheteur « aussi riche’.
    Vérifions si la monnaie utilisée n’est pas fausse aussi.

    « Vola sandoka » no ampiasany sa tsia ?