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Économie bleue – Dix Zones d’Émergence Piscicole à créer

Les infrastructures de l’Union des Coopératives Tilapia de l’Est, seront bientôt inaugurées.

Madagascar compte beaucoup sur la croissance de sa production piscicole pour faire de l’économie bleue, un des piliers de son plan d’émergence.

Le ministère chargé de l’Économie bleue prévoit la construction de dix Zones d’Émergence Piscicole (ZEP) pour le développement de l’agriculture continentale, ainsi que des hangars de marché, des unités de transformation et des unités de froid pour le développement de la chaîne de valeurs.

L’information a été rendue publique dans le communiqué qui a suivi le Conseil des ministres du mercredi 28 avril, qui a aussi annoncé l’inauguration prochaine des infrastructures de l’Union des Coopératives Tilapia de l’Est à Toamasina. Cette dernière a été lancée en 2014 avec l’appui de l’ONG norvégienne « NORGES VEL » et regroupe huit coopé­ratives de base composées de quatre­-cents pisciculteurs.

Les infrastructures à inaugurer sont un local technique pour la réception, le lavage et le conditionnement sous glace et sous froid positif des tilapias produits avec une capacité de stockage journalière de 5 tonnes et un bureau administratif et technique de l’Union des coopératives « Tilapia Est ». On sait en outre que l’Exécutif a donné son approbation pour l’utilisation de crédits prévus pour le PIP 2022 pour le développement de l’Économie bleue à Madagascar.

Ces dernières années, les spécialistes de la filière ont toujours plaidé pour que des projets ambitieux portent le secteur de la pisciculture afin d’acter sa véritable émergence. Un secteur sous-exploi té qui a pour tan t toujours été présenté comme l’une des activités phares de ce que l’on appelle aujourd’hui l’économie bleue.

En effet, la pisciculture est vue comme particulièrement prometteuse du fait de son potentiel pour accroître les recettes en devises grâce aux exportations, ainsi que pour sa participation à l’amélioration des revenus des paysans. Sans oublier l’apport en poissons pour le marché local, à l’emploi qu’elle génère et à sa capacité à contribuer à lutter contre l’insécurité alimentaire.

Transformer la filière

Selon les explications fournies, les futures Zones d’Émergence Piscicole vont complètement transformer la filière. Pour rappel, dans le cadre de l’appui aux petites et micro-entreprises opérant dans la pisciculture, de nombreuses études et autres ateliers ont été initiés. Les rencontres et les réfle­xions ont été axées sur les perspectives, les problèmes ainsi que les recommandations des professionnels.

Les analystes s’accordaient également à dire que le marché est encore vaste et très ouvert. Selon les enquêtes menées par la FAO, un gap de production de l’ordre de près de 60 000 tonnes est estimé en vue de satisfaire tout juste la demande locale. La pisciculture présente en outre des avantages très pratiques. Citons parmi ceux-ci le besoin limité en superficie, la possibilité d’accroître rapidement la production et l’opportunité d’élever plusieurs espèces en même temps.

On soutient en outre que la création des ZEP répondent aux trois points toujours soulevés pour que les activités piscicoles puissent se développer rapidement. En premier lieu, le coût élevé des matériels comme les filets spéciaux qui combinent praticité et solidité. Ensuite, il y a les tracas liés à la régularisation administrative des projets. Et enfin, un accompagnement technique et financier mené dans le cadre d’un programme intégré.

Malgré la mise en place de la Stratégie Nationale pour le développement de la filière, il y a maintenant plus de dix ans, la pisciculture n’a pas, en effet, pu prendre son envol. Les zones où les projets qui ont véritablement réussi sont encore peu nombreuses, pour ne ci ter qu’Ambatolampy, Manambato et Itasy. Partant de ces constats, des initiatives d’accompagnement des pisciculteurs tendaient alors à se multiplier, à l’instar du Projet d’appui au renforcement des organisations professionnelles e t aux services agricoles (AROPA).

Notons aussi l’opération de multiplication des Éclo­series Paysannes de Forma­tion (EFP). Ces structures ont été implantées afin que les groupes de pisciculteurs puissent se former ensemble aux techniques de production d’alevins. Des espaces de dialogue et d’échange visant à favoriser le partage de savoir-faire et de connaissances entre pisciculteurs expérimentés et débutants. Ce son t aussi des lieux d’expérimentation et d’innovation.

Du côté du ministère de tutelle, des réflexions et des descentes sur le terrain étaient opérées avant la mise en orbite d’un programme « ambitieux et structurant », comme l’a souligné un res­ponsable. Force est en effet de constater que le ministre, le Dr Mahatante Tsimanaoraty Paubert, avait programmé de nombreuses visites afin de cons ta ter de visu les problè­mes rencontrés par les pisciculteurs afin de préparer des solutions adaptées et se conformant aux ambitions d’émergence du pays.

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