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Editorial

Pas de bol

Une histoire d’oxygène. C’est aussi simple que cela. Un élément qui compose l’eau avec l’hydrogène. C’est maintenant que l’on mesure l’importance de cet élément que l’on a étudié dans les classes secondaires. Sur le papier, il était très facile d’extraire de l’oxygène à travers une équation chimique. Ce qui n’est pas le cas dans la vie pratique. On le constate aujourd’hui dans cette crise sanitaire où la plupart de ceux qui succombent à la Covid-19, souffrent d’un manque d’oxygène suivi d’un problème respiratoire à cause d’une coagulation dans les veines empêchant une circulation normale du sang. Le patient souffre alors de fièvre, de mal de tête et de difficultés respiratoires. Selon des recherches faites par des médecins européens, un comprimé d’aspirine aurait résolu le problème.

Le fait est pour le moment, des malades meurent faute d’oxygène surtout dans les pays pauvres où la production d’oxygène médical se situe au niveau « artisanal » alors qu’au niveau mondial, trois grands fournisseurs se taillent la part du lion du marché international d’oxygène médical en l’occurrence l’allemand Linde, le français Air Liquide et l’américain Air Products. Il faut dire que ces géants servent plus la sidérurgie et la chimie que la santé. Mais conjoncture étant, ils profitent de l’aubaine avec une demande mondiale multipliée par cinq ou six depuis le début de la crise sanitaire.

Faute d’infrastructures industrielles suffisantes pour produire de l’oxygène liquide qui permet de répondre à des besoins énormes ( 1 litre d’oxygène liquide équivaut à 800 l d’oxygène gazeux), les pays pauvres se rabattent sur les concentrateurs portatifs qui extraient et purifient l’oxygène de l’air ambiant. On obtient de l’oxygène concentré à 93 %.

L’oxygène constitue ainsi plus que jamais un élément vital et un commerce juteux. Ici comme en Inde au Malawi, au Nigeria ou en Afghanistan, l’oxygène fait l’objet d’une intense spéculation au marché noir. Son prix peut atteindre huit à dix fois son coût en temps normal. Eh oui, le malheur des uns fait plus que jamais le bonheur des autres et la morale n’a aucune place dans cette lutte pour la survie.

La vie ne tient qu’à un fil. Ou plutôt à un bol d’oxygène. Autant la chambre à gaz avait massacré des millions d’individus, autant le manque d’oxygène gazeux tue aujourd’hui autant de personnes à travers le monde. Ironie de l’histoire.

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