Chronique

Industrie du voyage – Le tourisme et ses impacts

Le tourisme sexuel se développe aussi à Madagascar.

Le tourisme est considéré comme étant une industrie non-extractive, qui apporte des revenus par la conservation des espaces naturels plutôt que par l’exploitation de leurs ressources. C’est la raison pour laquelle il est encouragé par les organismes de gestion d’aires protégées qui ont besoin de revenus pour leurs programmes. Les impacts négatifs ne sont, néanmoins, pas à exclure, pour ne citer que les émissions de carbone, les trop pleins de visiteurs, ou encore les constructions mal planifiées. À Maurice, beaucoup de grands hôtels ont leur propre Système de management environnemental (SME) répondant à leur perception des besoins de Conservation.

L’industrie touristique est de plus en plus consciente de ses responsabilités socioculturelles, avec ce que cela peut inclure de changements, et même de bouleversements positifs ou négatifs constatés au niveau des sociétés et des cultures. La construction d’infrastructures desservant les sites peut avoir son revers, comme quand les arrivées dépassent ce qu’une région ou une localité peut supporter. Dans certaines régions arides, cette denrée rare qu’est l’eau, profite parfois plus au ravitaillement des piscines ou à l’entretien des terrains de golf qu’aux besoins fondamentaux des populations.

En matière d’emplois, l’arrivée des touristes apporte des demandes accrues de produits et de services. Mais il peut en résulter des changements mal gérés, par exemple dans les relations entre hommes et femmes, ou entre générations. En plus, les emplois du tourisme sont parfois saisonniers, laissant les travailleurs occasionnels sans ressources en dehors des hautes saisons.

Sur le plan culturel, le tourisme peut influer sur les traditions locales jusqu’à leur aliénation. Certains rites et danses perdent leur authenticité, et ne sont plus exécutés qu’en spectacles pour le plaisir des visiteurs. Mais qu’on ne se limite surtout pas à ces impacts négatifs, car les apports positifs sont bien réels pour ne citer que les avancées du tourisme dit solidaire qui valorise et responsabilise les populations locales, la pérennisation de l’artisanat, et une réelle fierté nationale fortifiée par l’intérêt porté par des « yeux d’ailleurs ». Un point de rupture est atteint quand l’une des parties envisage secrètement d’exploiter l’autre, ou au contraire, quand elle craint d’être exploitée.

Les impacts économiques du tourisme sur les populations locales, principalement villageoises, peuvent être importants pour le développement durable, et en tant que stratégie de lutte contre la pauvreté. Un peu partout dans le monde, les bailleurs sont motivés par le tourisme qui fait bénéficier directement les communautés locales. Cette forme de tourisme « gagnant-gagnant » passe par la conscientisation des touristes eux-mêmes, et un désir croissant de leur part non seulement de bénéficier de leurs vacances, mais d’en faire profiter les populations qu’ils visitent. On est alors plutôt loin d’une vision ne connaissant ou ne retenant du tourisme que son rôle de pourvoyeur de devises à une échelle macroéconomique…

Le tourisme solidaire s’implante de plus en plus dans la Grande ile.

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