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Editorial

Ponction publique

Quand l’État lance un appel, le secteur privé répond présent. La réciproque n’est pas toujours vraie. Hélas, entre l’État et le secteur privé, la relation se résume en un « Je t’aime moi non plus ». Tous les régimes successifs sauf la seconde république où l’État l’a joué solo, affirment miser sur le secteur privé pour assurer le développement. C’est devenu une litanie dans les discours d’inauguration du salon de l’industrie, de l’artisanat, de l’habitat, de l’automobile, de la haute technologie… Et le secteur privé y croit naïvement. À l’arrivée il n’y rien de concret. À chaque changement de régime, les entreprises et sociétés se font une illusion rêvant que cette fois c’est le bon. Mais à tous les coups, c’est la déception, l’exaspération. Les représentants du secteur privé sont invités régulièrement dans les forums et les ateliers divers à titre consultatif mais on tient compte rarement sinon jamais de leur avis.

Le secteur privé avait beaucoup d’espoir quand l’un des leurs est parvenu au sommet de l’État en 2002 puis en 2009 et en 2019, mais quand l’entrepreneur devient politicien il oublie d’où il vient. Et c’est dommage étant donné qu’un entrepreneur comprend mieux le secteur privé que quiconque.

Les sociétés et entreprises montrent leur détermination à travers l’appel à la solidarité en faveur des victimes du cyclone Ana. Des efforts incommensurables quand on sait que la situation financière des sociétés et entreprises est encore très précaire avec la présence de la pandémie de Covid-19. Aujourd’hui elles font encore l’objet d’un redressement fiscal particulièrement contraignant. Il faut dire qu’il s’agit d’une mise à mort pour beaucoup de sociétés et entreprises qui ne pourront jamais s’acquitter du montant exigé dans le cadre du redressement fiscal. Depuis deux ans, les activités économiques ont été sérieusement perturbées par le confinement. Le secteur touristique ainsi que l’industrie aérienne ont été à l’arrêt. Tout se complique cette année avec le retour du coronavirus et surtout le délestage presque permanent ainsi que la coupure d’eau qui bloquent carrément les activités économiques.

Faute de subventions de l’État, comme c’était le cas ailleurs, les entreprises avaient demandé un gel des taxes et impôts depuis 2020 pour mieux amortir la crise. Elles n’ont pas eu gain de cause. Et maintenant, elles sont soumises à un redressement fiscal sévère. Pour le secteur privé il s’agit purement et simplement d’une ponction publique. Les temps sont durs pour tout le monde et on a envie de dire, l’heure n’est pas à l’invasion fiscale.

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