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Editorial

Permissif

Antananarivo a-t-elle encore un avenir? Il y a beaucoup de doute à en juger la situation dans laquelle la capitale se trouve et l’anarchie faite loi. On se demande comment les vaillantes autorités communales pourront redresser la barre. Le domaine de l’immobilier est certainement le plus gangrené par le chacun fait ce qui lui plaît et qui est totalement incontrôlable. À preuve, les remblais sans autorisation et sans la moindre crainte ni du ministère de l’Aménagement du territoire ni des autorités communales écument les nuits. Les gros camions circulent en toute sérénité au nez et la barbe des forces de l’ordre chargées des rondes nocturnes. Antananarivo est de plus en plus prisonnière de ces eaux usées et des de pluie. Les remblais bloquent la sortie des eaux vers les canaux d’évacuation et les bassins de rétention. Dans dix ans ou même avant, Antananarivo sera la première ville sous marine au monde.

La CUA a identifié sept cent constructions illicites dans les six arrondissements. Un chiffre loin de la réalité dans une ville où chacun s’approprie un lopin de trottoir et prétend que c’est la propriété de ces ancêtres depuis trente ans. C’est bel et bien un fait concret à Petite Vitesse où un commerçant a un titre de propriété sur le trottoir et y est indecrottable depuis plusieurs décennies.

Dans une ville de trois millions d’habitants contrôler les constructions est aussi difficile que contrôler les naissances. Près de 80% des constructions sont totalement illicites et sans aucun permis délivré par la CUA. Les travaux d’extension comme c’est le cas aux 67 ha et à Ampefiloha n’ont aucun permis. Et tout le monde croit qu’il en est ainsi étant donné qu’il ne s’agit pas de nouvelle construction mais juste un exhaussement. Or, aucune étude n’a été faite sur la résistance du sol pour pouvoir supporter le poids d’un immeuble de cinq étages sur un terrain remblayé, ancienne rizière dans le passé. Les risques d’effondrement sont ainsi réels comme le prouve le drame d’Anosizato. Un bâtiment avec seulement un rez-de-chaussée s’est vu greffer trois étages pour finir par s’écrouler sous son poids.

Aucune considération non plus des voisins et des constructions déjà existantes. Le bâtiment masque et écrase les autres constructions attenantes. Ce qui prouve qu’aucune autorisation n’a été délivrée. Néanmoins beaucoup de constructions actuellement ne tiennent guère compte des bâtiments déjà existants. Elles masquent sans aucune scrupule portes et fenêtres de la maison qui se trouvait déjà là depuis 40 ans. On se demande si la délivrance de permis s’accompagne d’une descente sur terrain des autorités compétentes pour voir de visu la situation. Permis de rêver.

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