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Bertrand Ramaroson : « 5% du cacao est transformé par l’industrie locale »

Bertrand Ramaroson s’active dans la promotion  du chocolat artisanal en provenance de Madagascar.

Dirigeant le groupement des entrepreneurs malgaches ou Fivmpama à Paris, Bertrand Ramaroson, promoteur du chocolat artisanal agit en défenseur du « vita malagasy »

Entrepreneu-riat. Quatre-vingt entrepreneurs originaires de la Grande-île se regroupent au sein du « Fivondronan’ny Mpandraharaha Malagasy» de Paris. Parmi eux se trouve Bertrand Ramaroson, de passage deux fois par an à Madagascar dans le cadre de la promotion de l’artisanat chocolatier. Cofondateur de l’Association Promo Choco Mada, Bertrand Ramaroson entend préserver la qualité originale du chocolat produit à partir du cacao en abondance à Madagascar. Selon lui, « La valeur ajoutée dans la filière cacao se trouve essentiellement dans le chocolat ». Madagascar connaît une production inexploitée de cacao car d’après Bertrand Ramaroson, « 5 % de la production du cacao seulement est transformé par l’industrie locale».

Face à ce constat, l’idée de créer une activité économique autour du chocolat est née afin d’impliquer les gens dans la filière cacao. À Paris s’est rapidement constituée depuis novembre 2018, l’association Promo Choco Mada qui tient alors une réunion régulière tous les lundis pour réfléchir sur l’artisanat chocolatier à développer à Madagascar. L’association met sur pied l’Institut du Chocolat de Madagascar afin d’envoyer des maîtres-chocolatiers français pour former des Malgaches prêts à devenir des « artisans chocolatiers ».

Identitaire
Dans un château à 120 km de Paris, ce concept d’artisanat chocolatier à Madagascar voit la présence de six cents personnes venues pour découvrir l’aventure lancée. Dans la Grande-île en ce moment, une dizaine d’artisans chocolatiers entament leur production après avoir été formés par les maîtres chocolatiers français.

Le chocolat produit par les artisans chocolatiers de Madagascar trouve déjà sa place sur le marché français. « Il s’agit d’un chocolat de qualité qui a une histoire. Il est question de croissance partagée car le planteur mérite d’être rémunéré à sa juste valeur en même temps que le chocolatier. Ce qui nous a conduit à penser que l’exportation rapporte mieux au chocolatier. À l’étranger, il ne s’agit pas d’un produit de luxe et la particularité de sa provenance est déterminante », explique Bertrand Ramaroson. D’après lui, « 65 % de la valeur de la filière cacao se trouve dans le chocolat». En France, les produits des artisans chocolatiers de Madagascar prennent des « corners » dans des chocolateries ordinaires et connaissent le marketing de sympathie.

La démarche originale, humaniste, économique adoptée à travers la création et le développement de l’artisanat chocolatier à Madagascar permet d’assurer des emplois à des personnes dévouées à produire pour l’exportation avec un savoir-faire censé être « véhiculateur du vita malagasy» proprement dit. En mars, l’artisanat chocolatier qui a commencé à Madagascar sera discuté lors d’une rencontre de la diaspora malgache de France à Cachan, une ville de résidence de plusieurs étudiants malgaches. Cette rencontre verra la présence du nouvel ambassadeur de Madagascar en France, Rija Rajohnson. Des entrepreneurs, des experts mais surtout des dirigeants et membres de cabinet d’avocats ou d’experts financiers et auditeurs composent, en majeure partie, le cercle entrepreneurial malgache en France.