Texto de Ravel

Texto de Ravel – La dernière danse

Clapoter sur son clavier semble être un jeu d’enfant. Écrire un peu de tout et de rien, de la pluie et du beau temps, des rires et des larmes deux fois par semaine n’a rien de particulier. Des ruelles insalubres d’Antananarivo, de cette jeune femme qui s’appelle Doria, des performances de nos sportifs, de la beauté des Ouagalaises sur leurs scooters, notre chronique n’est qu’un minus à côté des colosses dénommés « Vanf » et « Ranjalahy ». 2019, il s’en est versé des larmes face à cet écran d’ordinateur pour vous partager certains sujets. Oh combien de pages blanches nous avons dû combattre pour être aux rendez-vous tous les mercredis et les samedis. C’est devenu comme des rancards qu’il fallait à tout prix ne pas rater.

Des textos, nous en avons écrit partout : dans les avions comme sur la banquette arrière de la voiture ; sur les parkings comme sur les chaises de beaux jardins ; couchée sur les lits des hôpitaux ou calmement dans des chambres luxueuses, entre deux rendez-vous sur le téléphone portable. Certains textos (bizarrement ceux les plus appréciés) ont été accouchés en quelques minutes. D’autres ont pris des jours et des jours. Puis, il y a eu ceux qui n’ont pas pu être écrits. Ces mots que nous n’avons pas pu vous partager à cause de maladies, de dépressions. Ceux juste oubliés, ceux qu’internet n’a pas voulu faire passer ou ceux arrivés un peu trop tard à cause des décalages horaires.

De cette année, nous retiendrons une chose : la force des mots est immense. Ecrire la justice, la liberté ne plaît pas à tout le monde. Mais nous ne sommes pas là pour plaire. Nous sommes là pour que la lumière passe et contribuer humble­ment à faire bouger les lignes, à cultiver le bonheur. Ensemble, vous et moi avons écrit à un Pape et nos mots ont été entendus. Vous et moi, nous avons crié pour la liberté des choix de la femme malgache. Vous et moi, nous avons écrit à un président de la République et nos voix n’ont pas été vaines. Nous avons aussi reçu des menaces, des intimidations, des insultes, des dénigrements. Cela fait aussi particulièrement chaud au cœur quand ces textos rendent plus fort d’autres personnes. On dit que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.

La dernière danse un peu mélancolique de cette année. Une année riche de mots, de maux, de sauts, de beaux. 2019, un sacré panier à crabes qui a caché jusqu’au bout des surprises. Au bout du compte, nous sommes bien contents d’avoir eu un beau panier bien garni de difficultés, de peines, de découvertes et d’adrénalines. Le plus important à retenir ou moralité de l’histoire est qu’en fin de course, nous avons pris les crabes par les pinces et nous en avons fait de bons plats délicieux. Un verre de vin blanc à la main, des sucettes de crabes dans l’autre, nous décidons de conclure en beauté 2019.

Très bonne fin d’année à tous et n’oubliez pas la dernière danse avec vous-même.

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